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L'école des paysans

Enseignement agricole, un rattachement paradoxal *

4 Novembre 2016 , Rédigé par Michel Boulet Publié dans #Histoire de l'école des paysans

Le rattachement de l’ensemble du système de formation professionnelle agricole1 au ministère chargé de l’agriculture constitue une originalité en Europe. Cette situation est fort ancienne puisque c’est au moment de la création de l’enseignement agricole en octobre 1848 qu’il a été décidé que la tutelle de l’État serait exercée par le ministère du Commerce et de l’Agriculture et non par celui de l’Instruction publique.

Pour comprendre la situation actuelle qui se caractérise également par le fait que la majorité des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture participent à la mission de formation, il est utile de préciser les conditions qui ont conduits les élus de la Seconde République naissante à confier à l’État la tutelle de la formation professionnelle agricole et leurs successeurs à persévérer

Promouvoir l’« agriculture nouvelle »

Au début du 19e siècle, dans un pays où les villes se développent, augmentant la demande de produits alimentaires, il est nécessaire d’améliorer la productivité du travail agricole et d’inciter les agriculteurs à produire pour le marché. Pour cela sont créés des instituts où des agronomes enseignent l’ « agriculture nouvelle », tel le célèbre Mathieu de Dombasles à Roville. Ces établissements, où sont formés les futurs propriétaires et cadres de grands domaines, sont des exploitations agricoles considérées comme performantes et exemplaires, que nous avons définies comme des « exploitations agricoles-écoles », c’est-à-dire non pas l’école installée dans l’entreprise mais véritablement l’« entreprise formatrice ». Créés sur initiative privée, les instituts ne survivent que grâce à l’aide de l’État, ce qu’illustre a contrario la faillite de Roville.

Au milieu du siècle, le pays connaît une crise financière, industrielle et commerciale, aggravée par de mauvaises récoltes, qui balaie Louis-Philippe. Le gouvernement provisoire de février 1848 se préoccupe de conquérir l’appui des agriculteurs en améliorant leurs revenus et d’accroître la production pour alimenter les villes. Pour y parvenir, les spécialistes estiment qu’il convient de rationaliser la diffusion des connaissances agricoles en organisant l’enseignement professionnel de l’ « industrie rurale ». Faisant le bilan des premières initiatives dans ce domaine, les dirigeants considèrent que, si la participation de professionnels est indispensable, l’État doit fournir les moyens et assurer le contrôle de cet enseignement.

Par l’organisation du système de formation professionnelle en trois niveaux définis par le décret du 3 octobre 1848 - fermes-écoles, écoles régionales, Institut national agronomique – l’État soutient le développement du type d’agriculture que souhaitent les notables, une agriculture capitaliste, employant des ingénieurs, contremaîtres et ouvriers qualifiés, encadrant une main d’œuvre sans réelle formation professionnelle ; une agriculture se développant en éliminant de nombreux petits paysans.

L’enseignement agricole est donc défini comme un des moyens privilégiés de mise en œuvre de la politique agricole. Il est alors évident que c’est le ministère chargé de l’agriculture qui doit en assurer la tutelle au nom de l’État. Le ministère de l’Instruction publique a, pour sa part, mission de diffuser quelques connaissances agricoles de base et de vanter les vertus paysannes afin de préparer garçons et filles à s’insérer dans la société rurale. L’importance du rôle assigné à l’enseignement agricole se traduit par le fait qu’au sein du ministère du Commerce et de l’Agriculture, le bureau de l’enseignement agricole et vétérinaire est un des plus importants, auquel est rattachée l’inspection générale de l’Agriculture et des Épizooties.

Cette conception du rôle de l’enseignement agricole va demeurée dominante durant un siècle et demi, confortant l’idée que seul le ministère de l’Agriculture peut assurer la tutelle de ce segment du système éducatif national. Bien entendu, tenant compte de l’évolution du monde rural et de la politique agricole nationale, des lois vont à plusieurs reprises faire évoluer l’enseignement agricole, dans ses objectifs, ses structures et ses formations.

Conquérir les campagnes

Dès les débuts de la Troisième République, les dirigeants du pays constatent que la modernisation de l’agriculture ne peut se réaliser selon les orientations définies trente ans plus tôt. En effet, l’agriculture n’a pas connu un développement de type capitaliste, mais repose sur l’activité de nombreuses petites et moyennes exploitations familiales. Afin de former les fils de ces exploitants, on crée une nouvelle catégorie d’établissement, les écoles pratiques d’agriculture, mais, leur implantation est lente en raison de leur coût et des partenariats à établir. Il convient donc de concevoir une nouvelle formule permettant de former les agriculteurs en activité ou futurs. Le gouvernement décide alors de faire collaborer ministère de l’Agriculture et du Commerce et ministère de l’Instruction publique afin d’assurer une initiation aux connaissances agricoles à l’école primaire et la mise à jour de ces connaissances par des actions auprès des exploitants.

Pour cela est adoptée en 1879 la loi sur « l’enseignement départemental et communal de l’agriculture » qui prévoit l’établissement d’une chaire d’agriculture dans chaque département. Son titulaire, le professeur départemental, d’une part donne des cours aux futurs instituteurs ruraux, les préparant à transmettre quelques connaissances fondamentales aux futurs agriculteurs, d’autre part assure des conférences agricoles, démonstrations et expérimentations dans les villages. Il réalise en outre des travaux et missions pour le préfet. Signe de la volonté de cohérence du gouvernement, le professeur départemental, fonctionnaire d’État dépend des deux ministères qui lui versent à parts égales son traitement !

La chaire départementale d’agriculture est le premier élément constitutif des « services extérieurs » du ministère de l’Agriculture et du Commerce auprès des agriculteurs. Le professeur a pour mission, certes, de diffuser les connaissances nécessaires à la modernisation de l’agriculture, mais aussi de contribuer à la « conquête des campagnes ». Comme l’instituteur, il est le représentant de la République venu « aider les ruraux à se libérer des grands propriétaires fonciers, des usuriers et des notables réactionnaires ». Ses activités prennent une grande ampleur avec la création en 1881 d’un ministère de l’Agriculture à part entière. Celui-ci a besoin de partenaires professionnels pour mettre en œuvre sa politique et il demande aux professeurs de convaincre les agriculteurs de se regrouper. Ces fonctionnaires vont participer à l’organisation de syndicats, coopératives, mutuelles et caisses de crédit, dont ils se retrouveront souvent secrétaire général ou directeur. La preuve est ainsi faite que la diffusion des connaissances agricoles est un moyen d’intervention privilégié pour l’État. Celui-ci améliorera son outil par la réforme de 1912 transformant les chaires départementales en directions des services agricoles où les diverses missions du professeur sont assurées par des services spécialisés.

Rien d’étonnant donc à ce que la loi d’août 1918, présentée comme la « Charte de l’enseignement agricole » confirme la tutelle de l’Agriculture, mais elle associe plus clairement l’Instruction publique afin d’atteindre l’objectif ambitieux de former professionnellement tous les jeunes ruraux. Il s’agit, en effet, de permettre «  l’industrialisation » de l’agriculture afin de pouvoir, selon les termes de l’exposé des motifs de la loi, « lutter aussitôt après la guerre sur le terrain économique avec nos ennemis ». Les instituteurs et institutrices spécialisés ont mission de développer les cours postscolaires offerts aux jeunes garçons et filles après leur sortie de l’école élémentaire. Manquant de moyens les écoles d’agriculture ne forment que peu d’agriculteurs, seul l’enseignement supérieur répond aux besoins de cadres pour l’agriculture et l’agro-industrie. Mais, les actions de vulgarisation – expositions et concours agricoles, conférences, cinéma agricole, champs d’expériences, tracts – qui se multiplient, permettent aux agriculteurs d’acquérir des connaissances nouvelles et d’échanger les acquis de leurs pratiques. Ce qui explique que la capacité des exploitants à maîtriser leur métier et à innover et beaucoup plus importante que ne le laissent penser les données fournies par les enquêtes.

Après la Seconde Guerre mondiale, touchées par un important exode agricole, les campagnes se transforment rapidement. Pour décrire cette période, l’historien Braudel parle de « chambardement de la France paysanne », le sociologue Mendras de « révolution sociale totale » et l’économiste rural Malassis de « grande révolution paysanne », insistant tous les trois sur les composantes technique, économique, mais aussi culturelle de ces changements.

Afin de répondre aux nécessités de reconstruction de l’économie nationale, plusieurs projets de réforme de l’enseignement agricole sont proposés par des experts, par des syndicats ou par des élus. Face à l’urgence, il s’agit de développer l’enseignement agricole de base assuré essentiellement par les instituteurs et institutrices dans les cours postscolaires car, un siècle après la création de l’enseignement professionnelle sous la tutelle du ministère chargé de l’agriculture, on atteint le résultat paradoxal que les cours du ministère de l’Instruction publique constituent la seule formation « professionnelle » de base pour la grande majorité des futurs agriculteurs.

Mais, la question de la laïcité traverse ce débat, les élus de droite et du centre, appuyés par une grande partie de la profession agricole sont favorables à des subventions pour l’enseignement « libre » (privé), la gauche et l’extrême gauche défendant l’école laïque. Dans l’enseignement agricole, l’enseignement privé est demeuré minoritaire jusqu’à cette époque, la possibilité d’obtenir l’aide de l’État constitue donc un enjeu important. Ceci explique que c’est sur la question du ministère de tutelle que porte le désaccord majeur. Pour la gauche, confier l’ensemble de cet enseignement au ministère de l’Agriculture et retirer au ministère de l’Éducation nationale ses formations agricoles, c’est le placer aux mains de la profession agricole et par conséquence avantager l’enseignement privé. Pour la droite, la tutelle de l’Agriculture est la garantie d’écarter l’influence des instituteurs défenseurs de la laïcité et de placer la formation agricole sous la responsabilité des seuls agriculteurs.

Moderniser l’agriculture

Durant plus d’un siècle, l’enseignement agricole a préservé son originalité, avec des établissements installés dans des exploitations agricoles, des programmes adaptés aux réalités régionales, des diplômes spécifiques, un personnel enseignant parmi lequel des ingénieurs ont un rôle déterminant d’articulation avec le milieu professionnel. Un changement majeur se produit avec l’installation de la Cinquième République. Dès leur arrivée au pouvoir ses dirigeants décident d’engager la modernisation rapide du secteur agricole afin d’en faire un élément actif de l’expansion économique. Le Premier ministre Michel Debré estime que l’agriculture « demande à être rentable, elle demande à pouvoir profiter du progrès scientifique et technique, elle demande enfin pour ses produits une commercialisation moderne ». Pour y parvenir il est indispensable que les travailleurs de l’agriculture soient mieux formés, mais également que l’enseignement agricole facilite, grâce à une solide formation générale, les réorientations vers d’autres filières afin de favoriser la nécessaire diminution de la population active agricole. Cette double mission demande d’articuler les formations avec celles de l’Éducation nationale, ce qui suppose une coopération permanente entre les deux ministères. Enfin, partisan de l’aide contractuelle de l’État à l’enseignement privé 2, Debré souhaite que la place et le rôle de celui-ci soient directement précisés par la loi.

Il est significatif que la loi d’orientation agricole, qui marque une rupture fondamentale avec la politique agricole antérieure, et la loi sur l’enseignement agricole, qui porte une ambition forte pour ce domaine, soient débattues en parallèle et adoptées au même moment. Le Premier ministre souligne d’ailleurs que l’enseignement agricole devra s’adapter en permanence aux besoins de l’économie agricole. Il réaffirme également « le principe traditionnel » selon lequel l’enseignement et la formation professionnelle agricoles relèvent du ministère de l’Agriculture. Seul l’enseignement supérieur connaît un partage entre les deux ministères.

Face aux nécessités du développement agricole au sein du Marché commun en construction, et contrairement aux projets antérieurs, la loi promulguée le 2 août 1960 donne priorité aux formations de niveau secondaire. La majorité parlementaire retire à l’Éducation nationale la tutelle des formations de base données par les cours postscolaires, mais les établissements publics agricoles ne prennent pas le relais de cet enseignement par alternance. De fait, ce sont les Maisons familiales qui assureront des formations comparables, répondant aux besoins de nombreux exploitants familiaux. Une des conséquences de la loi est donc une croissance rapide de l’enseignement agricole privé qui scolarise bientôt la majorité des jeunes. La tutelle unique du ministère de l’Agriculture conduit ainsi à un recul de la part de l’appareil public de formation, en 1958, 56 % des effectifs sont scolarisés dans des établissements publics, dix ans plus tard, ils ne sont plus que 31 %. A ce moment, les effectifs de l’enseignement technique agricole sont majoritairement féminins (60 %) et inscrits dans des formations de cycle court (72 %). Or ce cycle est directement concurrencé par l’Éducation nationale qui implante en milieu rural des collèges d’enseignement général, CEG, et des collèges d’enseignement secondaire, CES.

Cette situation inquiète les responsables, d’autant qu’elle se double d’une autre interrogation surgit à la fin des années 60. L’enseignement agricole s’est alors implanté nationalement, même si des inégalités demeurent, les effectifs d’élèves ont augmenté rapidement jusqu’en 1968, les formations de niveau primaire ont disparu, le recrutement des personnels a été important (dans le public les effectifs budgétaires sont multipliés par 2,5 entre 1965 et 1975), les crédits d’aide à l’enseignement privé ont cru également. Un certain nombre de dirigeants professionnels mais aussi administratifs, s’interrogent devant un tel développement en effet, le ministère de l’Agriculture doit consacrer des moyens croissants à l’enseignement agricole et, selon eux, ces moyens doivent être affectés prioritairement aux besoins de formation des secteurs agricole et agroalimentaire et non aux formations féminines orientées vers le tertiaire, pourtant majoritaires.

Il faut donc s’interroger sur une éventuelle révision des missions de l’enseignement agricole et de son champ d’intervention. C’est ainsi que le ministre Jacques Duhamel annonce pour 1970 une « pause budgétaire »3 et engage une réflexion sur les orientations de cet enseignement. Présidée par l’inspecteur général de l’agriculture Armand Wallon, une commission mixte Agriculture – Éducation nationale propose d’élargir la gamme des métiers préparés à ceux de la protection de la nature, de l’entretien des espaces non productifs, de l’organisation de l’environnement, etc. Ce rapport ne connaît qu’une diffusion confidentielle. Pour leur part, les parlementaires s’inquiètent de ce « budget de disette » et du manque de clarification des orientations ministérielles. A l’Assemblé nationale, le rapporteur du budget pour 1974 affirme avec force : « l’enseignement agricole a ‘‘ poussé ’’ trop vite et représente une charge importante pour ce ministère qui y était mal préparé » et il ajoute avec férocité « les silences du ministère de l’Agriculture ne sont pas sans rappeler les silences du chirurgien avant une opération sans espoir » !

Le malaise des acteurs de l’enseignement agricole que sont les personnels et les parents, est d’autant plus grand que le débat sur les orientations ne se déroule pas au grand jour, mais dans lors de réunions confidentielles avec les grandes organisations professionnelles agricoles, au nom de la « cogestion » de la politique agricole. C’est ainsi que sont remise en cause les conclusions de la commission Wallon et que le ministre de l’agriculture, Jacques Chirac, décide de réunir un groupe de travail administration- organisations professionnelles agricoles. Dans ses conclusions, remises au début de 1974, il est écrit que « l’enseignement agricole a pour mission fondamentale de fournir à l’agriculture et au secteur para-agricole les chefs d’entreprise, les cadres et les techniciens nécessaires à leur développement ». C’est l’affirmation d’une orientation technique et professionnelle qui s’écarte de la double mission voulue par la loi de 1960 et coupe l’enseignement agricole du reste du système éducatif, notamment à cause de l’existence de diplômes spécifiques. La mise en œuvre de cette politique se traduit par une hausse des effectifs dans les établissements publics qui proposent les formations les mieux adaptées aux nouvelles orientations, et une forte baisse dans l’enseignement privé où les élèves sont très majoritairement des jeunes filles scolarisées dans des formations ouvrant sur des métiers non agricoles.

A l’évidence, le ministère de l’Agriculture n’est pas préparé à l’importance nouvelle de l’enseignement agricole, aux problèmes posés par sa gestion et son « pilotage ». D’outil d’accompagnement de la politique agricole, il est devenu un enseignement assurant également des formations générales et des formations professionnelles non agricoles. De plus, l’enseignement privé n’est pas soumis aux mêmes règles que l’enseignement public et son développement est souvent le résultat d’arbitrages politiques au nom de la défense de la liberté de choix des familles.

A la fin des années 70 on constate une dissociation nette entre les composantes de l’enseignement agricole, « pilotées » de manière distincte par le ministère. L’enseignement public assure les formations techniques et professionnelles pour l’agriculture et le para-agricole, au niveau IV (BTA) et III (BTSA), alors que le privé développe majoritairement les formations de niveau V (CAPA, BEPA) le plus souvent débouchant sur les métiers du tertiaire. Il est intéressant d’observer la position contradictoire des grandes organisations professionnelles agricoles, revendiquant simultanément le développement de formations de niveau plus élevé pour les cadres de l’agriculture et du para-agricole et la préservation de filières féminines non agricoles au nom de la défense de l’enseignement privé. Ceci ne clarifie pas, bien sûr, le débat sur le devenir de l’enseignement agricole.  

Il est utile de dresser un bilan vingt ans après l’adoption de la loi qui a eu pour objectif de faire de l’enseignement agricole un outil d’appui à la modernisation de l’agriculture. Durant cette période, l’agriculture et le milieu rural ont connu de profondes transformations, le nombre d’exploitations diminuant de 41 % et la population active agricole passant de 20 à 8 % de la population active totale. L’évolution des communes rurales s’est réalisée de façon différenciée, faisant apparaître des zones de déclin démographique et d’autres où le développement économique a attiré une population nouvelle. Parallèlement s’est élargie une sphère industrielle en amont et en aval de l’agriculture, agroalimentaire notamment, qui a participé à la modification des conditions techniques et économiques de la production agricole. Les besoins de qualification des agriculteurs et salariés agricoles ont évolué, exigeant des connaissances de niveau élevé dans les domaines techniques, économiques et de gestion.

La politique agricole a privilégié la mise en place d’exploitations « de pointe », fortement mécanisées, faisant appel à d’importants investissements, dirigées par des « chefs d’entreprise agricole » et d’un secteur agroindustriel où la main-d’œuvre qualifiée était peu nombreuse. Si l’enseignement agricole a su contribuer à la mise en œuvre et à la régulation de cette politique, il a pour l’essentiel ignoré l’évolution des activités rurales et les modifications de l’insertion des agriculteurs dans ce milieu (pluriactivité, travail des femmes, . . .). Aucun ministre n’a tranché entre les deux orientations possibles : un enseignement agricole répondant uniquement aux besoins de l’agriculture et des secteurs liés dont les dimensions seraient réduites nettement ; ou un enseignement ouvrant son champ d’intervention aux métiers du milieu rural. L’absence de choix a brouillé la politique suivie et a suscité un fort malaise au sein de l’enseignement agricole.

Expression de celui-ci, la revendication du rattachement à l’Éducation nationale grandit parmi les personnels de l’enseignement public qui constatent que leurs statuts sont inférieurs à ceux de leurs homologues de l’enseignement général et de l’enseignement technique et professionnel et que les élèves ont du mal à changer d’orientation.

La tutelle du ministère de l’Agriculture qui, selon les promoteurs de la loi de 1960, devait préserver la spécificité de l’enseignement agricole tout en l’articulant avec le système éducatif global, a conduit en réalité, sous la pression des partenaires professionnels, à une « agricolisation » facteur d’isolement relatif.

1 Par commodité nous appellerons « enseignement agricole » l’ensemble du système de formation professionnelle agricole : formation initiale scolaire et par apprentissage, formation continue, de tous niveaux.

2 Loi du 31 décembre 1959 sur les rapports de l’État et des établissements privés.

3 « Pause » qui se traduit par une baisse de pour l’enseignement public par une baisse de 8 % de son budget global. Les crédits destinés au privé augmentant eux de 10 %.

Un enseignement vert ?

L’enseignement agricole connaît d’importantes évolutions à la suite du changement de majorité politique en 1981. Le ministre de l’Agriculture, Édith Cresson, annonce dès l’année suivante une « réforme de l’enseignement agricole par les principaux intéressés » selon les principes de « cohérence à l’égard de l’ensemble de la politique d’éducation du gouvernement d’une part, cohérence avec la politique agricole d’autre part ». L’enseignement agricole est invité, notamment, à prendre en compte la diversité des formes d’agriculture ainsi qu’à élargir son offre de formation aux métiers ruraux.

Contrairement à ce qui s’était produit dans la période précédente, le débat sur les orientations se déroule au grand jour, selon un double processus. D’une part, à l’initiative du ministre, une vaste consultation des personnels, des parents, des élèves, des organisations professionnelles se déroule durant plusieurs mois dans les établissements, puis aux niveaux régional et national ; les propositions formulées seront à la base de la rénovation. D’autre part, le Parlement vote sans aucune opposition deux lois, l’une rénovant l’enseignement agricole public (9 juillet 1984), l’autre réformant les relations entre l’État et les établissements d’enseignement agricole privés (31 décembre 1984). Cette démarche, unique dans l’histoire de l’enseignement en France, est à la base du fort consensus qui a permis de transformer dans leur ensemble l’enseignement technique, l’apprentissage et la formation professionnelle agricoles.

L’enseignement agricole doit prendre en compte l’abandon de la politique agricole sélective suivie depuis les lois de 1960 et 1962 et s’adapter aux exigences spécifiques des deux groupes d’agriculteurs : agriculteurs entreprenants visant de très hauts niveaux de productivité du travail et exploitants familiaux, à temps complet ou pluriactif, utilisant des méthodes de production moins capitalistiques. Mais, les deux groupes ont un point commun justifiant l’existence d’un enseignement spécifique pour ceux qui souhaitent entrer dans l’agriculture : ils constituent une population où « dominent hégémoniquement les producteurs indépendants, possesseurs au moins partiels de leurs moyens de production et de leur patrimoine » et ils doivent prendre des décisions de tous niveaux engageant l’avenir de leur exploitation et de leur famille, ce qui définit une composante commune de leurs qualifications. L’enseignement agricole doit également tenir compte de l’évolution du monde rural où cohabitent diverses activités, y compris au sein même des familles agricoles. Enfin, parmi les élèves se trouvent des jeunes en situation de semi échec scolaire qui ont besoin d’une pédagogie active pour se réinsérer dans des parcours de réussite.

Les expériences antérieures ainsi que les débats largement ouverts contribuent à la formulation de réponses originales reprises tant dans les contenus de la rénovation que dans les textes législatifs.

Ceux-ci définissent l’enseignement agricole comme une composante spécifique du service public d’éducation et de formation. Si l’enseignement public s’intègre naturellement à ce service public, l’innovation est que l’enseignement privé peut s’y associer par contrat, bénéficiant alors de l’aide financière de l’État. Mais, contrairement à ce qu’attendaient, avec espoir ou inquiétude, les personnels, les parents et les professionnels, l’enseignement agricole n’est pas directement intégré au sein du service public, laïc et décentralisé de l’éducation nationale et la tutelle du ministère de l’Agriculture est confirmée par la loi.

Il apparaît que la raison essentielle du maintien de cette tutelle tient au souci du gouvernement de ne pas ouvrir un conflit avec les organisations professionnelles agricoles et l’enseignement privé. Il faut souligner que le ministre de l’Agriculture, Michel Rocard, a su obtenir un consensus sur la réforme des relations entre l’État et les établissements d’enseignement agricole privés, quelques mois après que sur le même sujet un conflit majeur ait éclaté entre les partisans de l’enseignement privé et le ministre de l’Éducation nationale, Alain Savary, conduisant à la démission du gouvernement.

Si la tutelle du ministère de l’Agriculture est confirmée, le souci d’insérer d’harmonisation avec l’Éducation nationale doit conduire à la parité des aides aux familles ainsi qu’à celle des statuts des personnels. Une nouvelle avancée dans cette harmonisation est réalisée avec l’adoption, le 10 juillet 1989, de la loi d’orientation sur l’éducation cosignée par les ministres de l’Éducation nationale et de l’Agriculture qui s’applique explicitement aux formations, établissements et personnels relevant de l’Agriculture, dans le respect des lois de 1984.

Les missions définies par le législateur en 1984 (complétées par la loi d’orientation agricole de 1999 et celle de 2005 sur le développement des territoires ruraux) sont au nombre de cinq :

  • assurer une formation générale, technologique et professionnelle initiale et continue,

  • contribuer à l’insertion scolaire des jeunes et à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes et des adultes,

  • participer à l’animation et au développement des territoires,

  • contribuer aux activités de développement, d’expérimentation et de recherche appliquée,

  • participer à des actions de coopération internationale.

Ainsi réorienté par les textes législatifs, l’appareil de formation agricole met en œuvre une politique d’enseignement et de formation professionnelle profondément rénovée. Elle se caractérise par une forte articulation entre formations et champs professionnels ; une démarche pédagogique reposant sur l’approche complexe des savoirs professionnels ; un mode d’évaluation associant contrôle en cours de formation et examen terminal ; la participation des établissements au développement économique et social régional ; une forte implication dans des actions de coopération internationale.. La réussite de la rénovation repose sur un dispositif national de recherche en éducation et formation irrigant d’une part les institutions de formation des personnels et d’autre part les établissements d’enseignement

Ces importantes réformes, réunies sous l’appellation symbolique du « savoir vert » donnent à l’enseignement agricole l’image d’un enseignement novateur, attentif à la réussite de tous et dépassant la coupure entre enseignement et vie sociale et professionnelle. De nombreux experts soulignent son originalité et son efficacité, plusieurs pays à travers le monde s’inspirent de ses réalisations. Enfin, et surtout, familles et jeunes se tournent vers lui en nombre croissant, appréciant la diversité des formations offertes par les établissements publics et privés.

Si l’on observe la période des vingt années suivant l’adoption des lois de rénovation en 1984, on constate l’évidente continuité de la politique de l’enseignement agricole pilotée par treize ministres appartenant à des majorités politiques différentes alors même que les réformes se succédaient à l’Éducation nationale. Cependant, on relève des inflexions qui sont dues, d’une part à l’évolution de l’agriculture et du milieu rural, d’autre part aux moyens budgétaires affectés au ministère de l’Agriculture et aux arbitrages auxquels procède le ministre entre les divers secteurs relevant de sa responsabilité.

Cette permanence, conséquence du fort consensus établi en 1984, a permis à l’enseignement agricole de se développer de façon importante. Entre 1983-84 et 2005-06, les effectifs en formation scolaire ont augmenté de plus de 43 %. Les effectifs d’apprentis ont été multipliés par 1,8 entre 1992 et 2000, se stabilisant ensuite. La formation professionnelle continue a connu également durant les années 90 une augmentation du nombre des stagiaires de près d’un quart, suivie d’un recul depuis. Mais, il faut rappeler que les politiques de l’apprentissage et de la formation continue relèvent des collectivités régionales.

La rénovation s’est traduite également par une élévation des niveaux de formation et le renforcement de la part des filières technologiques et professionnelles des deux tiers aux trois quarts des élèves. Pour approcher au plus près des évolutions, il conviendrait de tenir compte des différences selon le type d’établissement (public, privé à temps plein, privé à rythme approprié), le genre, la spécialité.1 La loi d’orientation agricole de 1999 a élargi son champ de compétence aux métiers concourant au développement de l’agriculture dans « les domaines des services et de l’aménagement de l’espace agricole, rural et forestier, de la gestion de l’eau et de l’environnement ».

L’enseignement technique créé pour accueillir prioritairement les enfants d’agriculteurs et les préparer aux métiers de la production, n’apparaît plus aujourd’hui « agricole », ni par son public, ni par le devenir des élèves. Les enfants d’agriculteurs devenus minoritaires (14 %) ont cédé la première place aux enfants d’ouvriers (23 %) et d’employés (21 %). C’est cependant dix fois plus qu’aux mêmes niveaux à l’Éducation nationale. Il faut également noter qu’il y a pratiquement autant de jeunes filles que de jeunes hommes. Enfin, parmi les filières professionnelles le secteur de la production ne regroupe plus qu’environ le tiers des effectifs, soit moins que le secteur des services, et notamment des services aux personnes largement majoritaires dans les établissements privés. Cependant, la majorité des titulaires d’un CAPA, d’un bac professionnel ou d’un BTSA exerce un métier dans l’agriculture ou le rural, les titulaires d’un BEPA ou d’un BTA travaillent majoritairement comme employés dans les secteurs de la santé et du social.

 

Des interrogations pour l’avenir

Ces profondes transformations de l’enseignement agricole conduisent à s’interroger sur son identité et sa place dans le système éducatif français.

Depuis l’origine, l’enseignement agricole été un outil d’accompagnement de la politique agricole, mais la situation change radicalement, il n’est en effet plus possible d’intervenir en matière agricole sans tenir compte de l’ensemble des activités présentes dans le milieu rural.

Depuis vingt ans, le nombre d’exploitations agricoles diminue de 3 % par an, la population active ne représente plus que 3,5 % de la population active totale. Cependant, l’agriculture demeure un secteur majeur pour le développement économique du pays. Elle occupe plus de la moitié de la superficie de la France métropolitaine et constitue donc un élément essentiel de l’aménagement du territoire. Enfin, bien sûr, elle assure toujours la fourniture des produits nécessaires à l’alimentation de l’ensemble de la population. Ses formes se sont diversifiées, la DATAR en décrit trois : l’« agriculture productive et de précision », de haut niveau technologique, est insérée au sein d’une chaîne agroindustrielle ; l’« agriculture de terroir », multifonctionnelle, fournit des productions sous label de qualité et est rémunérée pour ses fonctions non marchandes ; l’« agriculture de territoire » intègre des activités de service dans les zones fragiles et dans les campagnes proches des villes.

   Cette agriculture est interpellée par la société qui

    • exige la traçabilité des produits, leur qualité et la garantie de la sécurité sanitaire ;

    • s’intéresse aux relations entre l’alimentation et la santé ;

    • s’inquiète de certaines applications des sciences du vivant, tels les OGM ;

    • est attentive à la préservation des ressources naturelles et de l’environnement ;

    • découvre l’importance de l’utilisation non alimentaire des produits agricoles.

Ces demandes constituent autant de défis pour l’agriculture et l’agro-industrie. Mais, ces secteurs sont également concernés par les conséquences des évolutions du milieu rural. En effet, le maintien et le développement de l’activité agricole dépendent de la qualité et de la densité du tissu social dans lequel vivent les agriculteurs, ainsi que de la coexistence avec les autres activités présentes que ce soit en termes de gestion de l’espace ou de mode de vie.

Rompant avec un phénomène séculaire d’exode vers les villes, l’espace rural connaît de profondes mutations. Cet espace majoritairement destiné à la production agricole, constitue aujourd’hui un lieu de résidence recherché, une destination courue pour les touristes et les vacanciers, et devient un terrain d’initiatives variées soulignant sa place en matière d’environnement. La combinaison de ces fonctions (productive, résidentielle, récréative et de nature) et de leur dynamique conduit à définir schématiquement « trois France rurales » : les campagnes des villes, les campagnes les plus fragiles et les nouvelles campagnes.

Une politique de développement rural durable suppose donc une forte volonté pour réduire déséquilibres et ruptures, en tenant compte de ces diversités. L’intervention de l’État et l’action des collectivités locales, dans l’esprit des lois de décentralisation, sont indispensables pour faire face à ces enjeux. L’État agit notamment par l’intermédiaire du ministère de l’Agriculture qui doit donc passer d’une politique agricole à une politique rurale.

Sans attendre de directives, les établissements d’enseignement agricole ont su adapter leurs formations aux demandes locales, grâce notamment à la présence sur un même site de filières par la voie scolaire, l’apprentissage et la formation des adultes. Mais, il est nécessaire que ce soit l’ensemble du dispositif de formation agricole qui évolue. Or, contrairement à ce qu’on pouvait attendre, la tutelle du ministère de l’Agriculture n’a pas été un atout pour réaliser cette adaptation. La stagnation du budget depuis la décennie 1990 a eu des conséquences extrêmement négatives. Certains établissements ont au bord de l’asphyxie, il existe un déficit d’enseignants titulaires par rapport à l’Éducation nationale, des postes ont été supprimés alors que les effectifs d’élèves progressaient. La gestion budgétaire s’est faite, en effet, sans tenir compte de l’évolution de la demande de formation et des débouchés professionnels. Elle s’est traduite par un « toisage » a priori des dépenses conduisant à limiter les capacités de développement du système. On aboutit ainsi au résultat paradoxal de freiner un enseignement dont tous les indicateurs de performance sont au vert.

De plus, les missions autres que la formation ont été sacrifiées, leur financement n’étant quasiment plus assuré par l’État. Cette rupture dans les possibilités d’intervention des établissements dans le développement des territoires est aggravée par la diminution des effectifs d’ingénieur. A la suite d’une réforme corporatiste des corps d’ingénieurs du ministère de l’Agriculture, ceux-ci n’ont plus dans leur mission l’activité d’enseignement et sont de moins en moins présents dans les établissements. Le recul de leurs effectifs entre 1992 et 2004, en équivalents temps plein, est de 40 % pour les ingénieurs d’agronomie devenus IGREF. C’est un coup particulièrement grave portée à la capacité d’intervention de l’enseignement agricole au moment même où ses missions sont élargies. Ceci illustre, au-delà des discours, les priorités du ministère de l’Agriculture.

Au total, ces dernières années ont été marquées par un pilotage purement financier, ce qui aboutit aujourd’hui à voir « la logique de survie et de statu quo » prévaloir sur la dynamique de projet (F. Férat).

Certes, deux changements importants ont eu lieu, d’une part la déconcentration de l’enseignement agricole qui accompagne le mouvement de décentralisation de la formation professionnelle, et d’autre part l’architecture budgétaire issue de la LOLF. 2 Celle-ci regroupe les programmes « enseignement technique agricole » et enseignement supérieur et recherche agricoles » au sein des missions « enseignement solaire » et recherche et enseignement supérieur ». Si ont été ainsi confortés les moyens affectés à l’enseignement agricole et garantit une protection vis-à-vis des « régulations budgétaires », le risque est grand d’une dissociation accrue des autres missions de l’enseignement agricole.

Si plus de la moitié des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture travaillent aujourd’hui dan le domaine de la formation, la direction générale de l’enseignement et de la recherche demeure isolée au sein du ministère. L’expérience de nombreux acteurs de l’enseignement agricole, et de l’auteur de ces lignes, permet d’affirmer que la formation professionnelle est trop souvent perçue uniquement sous son aspect scolaire, sans prendre en compte la synergie entre les cinq missions.

L’enseignement agricole est pourtant un atout irremplaçable pour la réalisation d’une politique dynamique de développement rural durable. Avec près de 850 établissements implantés sur l’ensemble du territoire national, dont la moitié dans des communes de moins de 3 000 habitants, il constitue un réseau d’intervention profondément ancré dans les réalités locales. Les partenariats noués depuis longtemps avec les professionnels, le regroupement des différentes voies de formation, le gisement de compétences constitué par ses personnels, font de l’établissement un acteur majeur du développement des territoires. Il est sur le terrain l’institution où s’articulent recherche, formation et développement, institution exceptionnelle pour faciliter la mise en œuvre d’une politique d’État en partenariat avec les collectivités locales et les acteurs de l’économie. De nombreuses réalisations en portent témoignage, il ne tient qu’à l’affirmation par l’État d’une politique rurale volontariste, permettant un pilotage national claire, pour qu’elles trouvent leur cohérence et donc leur efficacité.

Réciproquement, l’enseignement agricole a besoin de ces liens avec les métiers et les territoires ruraux afin de poursuivre ses démarches pédagogiques originales, faire évoluer ses programmes et favoriser l’insertion sociale et professionnelle de jeunes et des adultes. Ces partenariats sont d’autant plus nécessaires que l’origine sociale et professionnelle des personnels change, entraînant un risque de perte de culture et d’appauvrissement des compétences techniques.

On peut estimer que l’enseignement agricole est à un moment critique de sa longue histoire. Soit son rôle est pleinement reconnu au sein d’un ministère chargé de l’Agriculture et de l’aménagement du territoire aux moyens renforcés, et par là même il contribue à la réussite des jeunes, soit il se « banalise » au sein du système éducatif global, y compris en restant sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, et il perd alors sa raison d’être.

Michel Boulet

Professeur honoraire de l’enseignement supérieur agronomique

* Publié dans Club Palès. Les cahiers, n° 1 juin 2007, pp. 62-78.

Bibliographie

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BOULET, Michel dir., 2000 - Les enjeux de la formation des acteurs de l’agriculture, 1760-1945 - Actes du colloque ENESAD, 19-21 janvier 1999. Dijon, Educagri éditions, 526 p.

BOULET, Michel, dir., 2003. La formation des acteurs de l’agriculture. Continuités et ruptures 1945-1985 - Actes du colloque ENESAD, 27-29 novembre 2001. Dijon, Educagri éditions, 223 p.

BOULET, Michel, LELORRAIN, Anne-Marie et VIVIER, Nadine, 1998. 1848, le printemps de l'enseignement agricole. Dijon, Educagri éditions, 143 p.

BRAUDEL, Fernand, 1986. L’identité de la France. T.3. Les hommes et les choses. 2e partie : Une « économie paysanne » jusqu’au XX e siècle, Paris, Arthaud.

DATAR, 2003. Quelle France rurale pour 2020 ? Contribution à une nouvelle politique de développement rural durable.64 p.

FÉRAT, Françoise, 2007. Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires culturelles sur la place de l’enseignement agricole dans le système éducatif français. Sénat, session ordinaire 2006-2004, n° 27.

HEYMAN, François, 2003. « Quels besoins en services pour l’agriculture du XXIe siècle ? » Avis et rapports du Conseil économique et social, février.

MALASSIS, Louis, 2001. La longue marche des paysans français. Paris, Fayard.

MENDRAS, Henri et DUBOYS FRESNEY, Laurence, 2004. Français comme vous avez changé. Paris, Tallandier

Observatoire national de l'Enseignement agricole, 2004. Rapport bilan 1996-2004. Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, septembre. Dijon, Educagri Editions, 2002, 258 p.

1 Ce n’est pas ici le lieu pour effectuer une telle approche, on pourra se reporter notamment aux rapports annuels de l’Observatoire national de l’enseignement agricole.

2 Loi organique relative aux lois de finances. 1er août 2001.

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