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L'école des paysans

La modernisation de l'enseignement agricole polonais * 1996

20 Février 2017 , Rédigé par Michel Boulet Publié dans #Enseignement agricole en Europe

 

Le contexte

Comme pour tout enseignement professionnel, la situation de l'enseignement agricole doit être mise en perspective avec la situation de l'économie nationale et plus particulièrement celle de l'agriculture

 

  • L'agriculture

L'agriculture a toujours été un élément important de l'économie polonaise. En 1988, ce sont environ 28% de la population active qui travaillent dans ce secteur (7% en France), mais la période de changements politiques et économiques qui s'engage alors va profondément transformer la situation des populations agricoles et rurales1.

La population du pays est, à ce moment, de 38 millions d'habitants dont 40% sont des ruraux, soit le même nombre qu'en 1950. La population active agricole représente près de 7 millions de personnes.

L'agriculture polonaise se caractérise par la place prépondérante des exploitations privées. Même durant la période de l'économie centralisée, elles occupaient 75% des terres agricoles, les Fermes d'État, 21% et les coopératives, 4%. En 1988, elles sont au nombre de 2,1 millions pour les exploitations de plus de 1 hectare. La Surface Agricole Utile, SAU, est de 19 millions d'hectares pour un territoire d'une superficie totale de 312 677 km2. La surface moyenne des exploitations privées n'est que de 5 à 6 ha. Elles emploient 20,5% de la population active totale et 78,4% de la population active agricole.

Les structures d'exploitations varient nettement selon les régions, celles-ci ayant connu au fil de l'histoire des dynamiques socio-économiques différentes.

Dans l'Ouest et le Nord, du fait de la domination prussienne au XIXe siècle, la proportion d'exploitations de plus de 10 ha atteint de 40 à 45%. A partir des années 50, les Fermes d'État ainsi que les coopératives de production ont été installées sur les anciens territoires germaniques, où elles occupent jusqu'à 60% des surfaces.

Dans le Sud-Est, les régions appartenant à l'Autriche connaissaient une grande pauvreté; c'est là que les très petites exploitations de moins de 2 ha sont les plus nombreuses, atteignant 50 à 60% des effectifs.

Dans l'Est et le Nord-Est, les régions autrefois intégrées à l'Empire russe sont celles où, dans les années 80, les exploitations, souvent petites, connaissent le retard technique le plus important.

Autour des grands centres industriels se sont maintenues des petites exploitations d'ouvriers-paysans, tandis que la croissance de la demande urbaine entraînait, dès le début du siècle, la constitution de ceintures d'exploitations intensives (maraîchères, fruitières ou laitières ).

Ces différences régionales en matière de structures, expliquent, pour une large part, la répartition des productions animales et végétales dans le pays. Au total, on peut caractériser l'agriculture privée de la fin des années 80 comme très consommatrice de main-d'oeuvre, bien que souvent suréquipée par rapport au agricultures occidentales.

Les 1 563 Fermes d'État, qui occupent une superficie moyenne d'un peu plus de 2 000 ha, emploient 8 à 10% des actifs agricoles. Ces exploitations fournissent principalement des céréales et des productions animales, la plupart offrent également des services, tels que réparation de matériels, stockage de céréales, transformation de produits agricoles. Elles font appel à une main-d'oeuvre constituée de salariés spécialisés.

Quant au milieu rural, le niveau des services reste très inférieur à celui des villes : en 1989, 29% seulement des villages disposaient d'un réseau d'adduction d'eau et 8% seulement d'entre eux étaient reliés au réseau téléphonique. Ce retard du milieu rural touchait également l'éducation, les citadins étant 2,5 fois plus souvent titulaires d'une formation secondaire ou supérieure que les ruraux, la disparité atteignant 4,3 pour les agriculteurs. Tout ceci constitue l'un des freins majeurs au développement des zones rurales et à la modernisation de l'agriculture polonaise.

C'est donc une agriculture inadaptée et un milieu rural en difficulté qui vont, à partir de 1989, entamer la marche vers l'économie de marché. La mise en oeuvre de cette nouvelle politique frappe durement l'économie nationale, sans que pour autant une politique agricole ait été définie, seul l'objectif est fixé : développer une agriculture moderne s'appuyant sur des exploitations individuelles assurant un revenu familial suffisant..

En 1990, le Produit national brut, PNB, à prix constants, chute de 13% par rapport à 1988. La part de l'agriculture dans le PNB (à prix courants) tombe de 11,8% en 1989 à 6% sur la période 1991-1994 (à prix constants cette part évolue de 12,2 à 7%). Face à cette crise économique, l'agriculture privée résiste, notamment grâce à la forte hausse des prix agricoles, mais aussi à l'appel à la main-d'oeuvre familiale. Ce qui se traduit par le fait que la part des exploitations privées dans la production agricole en valeur (à prix courants) augmente de 70,9% en 1989 à 85,8% en 1993.

Cette situation de crise a différentes conséquences entre 1990 et 1995 :

  • le nombre d'exploitations privées diminue de 171 000, soit 8%, la baisse la plus forte étant observée dans le groupe des exploitations de 2 à 10 ha, le nombre des exploitations de moins de 2 ha augmente en raison d'un mouvement de migration vers les zones rurales, il y a également augmentation, de 8%, pour les exploitations de plus de 15 ha.La surface totale moyenne par exploitation passe de 6,5 ha à 7,1 en 1993 et 7,8 ha en 1994,

  • la population active présente sur les exploitations privées est en augmentation, de 20,5% des actifs totaux en 1988 à 23,2% en 1994, et de 78,4% des actifs agricoles à 90%.

  • bien que les exploitations familiales aient accueilli un nombre important de chômeurs, probablement 500 000, le chômage structurel dans les zones rurales augmente, pour atteindre 20% et même 30% dans les régions du Nord et de l'Est où les Fermes d'État sont les plus nombreuses. Pour l'ensemble de la Pologne, le taux de chômage est monté de 6,3% en 1990 à 16,4% en 1994 !

Les diversités régionales et l'impact différencié de cette politique tournée vers l'économie de marché sur les exploitations agricoles privées se traduisent par de nettes différences dans les possibilités d'évolution de celles-ci. Selon le Professeur A.Wos, il est possible de distinguer 5 groupes d'importance très inégale :

  • 160 à 170 000 exploitations se développant selon un "type occidental", dirigées par de jeunes agriculteurs à l'aise dans l'économie de marché,

  • 20 000 exploitations ayant des potentialités de développement, assez comparables à celles du premier groupe, mais fragilisées par des emprunts importants obtenus dans les années 90 à des taux élevés. La situation économique difficile rend les remboursements pratiquement impossibles,

  • 350 à 400 000 exploitations traditionnelles aptes à se développer. Ce sont des exploitations ayant des productions et des situations sociales différentes, mais elles ont en commun d'être des exploitations anciennes, transmises de génération en génération, produisant essentiellement pour l'autoconsommation. Ce type d'exploitation est relativement résistant aux changements extérieurs,

  • 1,2 à 1,3 millions d'exploitations en stagnation sans possibilité de développement futur. Pour la plupart, elles appartiennent et sont dirigées par des personnes âgées, plus orientées vers les productions pour l'autoconsommation que pour la vente. Ce groupe, le plus important, est composé d'exploitation qui pourraient disparaître, mais qui sont utiles à la vie sociale dans les zones rurales et qui, actuellement, absorbe une partie de la population urbaine au chômage,

  • 300 à 350 000 exploitations au bord de la faillite, incapables de se maintenir. Ce groupe connaît une croissance de ses effectifs en raison de la détérioration de la situation économique, en particulier pour les agriculteurs qui avaient un second métier et dont les emplois disparaissent.

Selon l'Office central de Statistiques, en 1993, 10,7 millions de personnes, soit 37,6% des plus de 15 ans, vivent dans les zones rurales. Ceux qui sont sur les exploitations privées sont 6,4 millions et représentent 60,1% de la population rurale totale.

Il est important de noter que depuis le recensement national de 1988, l'âge moyen des actifs agricoles sur les exploitations familiales s'est abaissé de 49,2 à 45,8 ans, ceci résulte d'un accroissement de 8,8% des actifs de 18-45 ans. Ce rajeunissement de la population agricole est, incontestablement, un atout pour la Pologne.

En ce qui concerne la population active totale, les prévisions de l'Office central de Statistiques indiquent que par rapport à la période 1986-1990, la croissance du nombre des actifs sera trois fois plus importante pour la période 1991-1995, et cinq fois plus pour 1996-2000. De son côté l'ONU estime que l'accroissement de la population active en Pologne représentera 41% de l'accroissement de la population active dans l'ensemble de l'Europe (à l'exception de l'ex-URSS).

Cette agriculture diversifiée, en voie de transformation rapide, est le terrain privilégié d'intervention de l'enseignement professionnel agricole. Il est donc utile de recueillir les informations disponibles sur le niveau de formation des agriculteurs actuels, dont une partie aura besoin d'améliorer sa formation dans les prochaines années. D'autre part, l'arrivée d'une population de jeunes sur le marché de l'emploi ne se fera dans de bonnes conditions que si la nature et l'importance des emplois disponibles et attendus sont correctement analysées, en particulier au niveau local (bassin d'emploi).

Selon le Dr Lech Goraj le niveau de formation dans les exploitations individuelles a évolué de la manière suivante ces dernières années :

1 W. Gavron - Situation of private farming and setting up new farmers in Poland. Warsaw. Institute of Agricultural and Food Economics. ( Report to the FAO/ECE Working Party on the economics of the agri-food sector and farm management. Rambouillet, France- 6-10 november 1995. )

Dr Lech Gorach - The human factor in the agriculture of Poland (in the period of implementation of market economy) Warsaw. Institute of Agricultural and Food Economics. ( Report to the FAO/ECE Working Party on the economics of the agri-food sector and farm management. Helsinki, Finland - 12-16 september 1994. )

La modernisation de l'enseignement agricole polonais *                  1996

On estimait, dans les années 80, que moins de la moitié de ces personnes avaient une qualification agricole. Durant ces cinq années, le niveau moyen de formation s'est nettement élevé. Ceci est le résultat de l'arrivée dans les exploitations agricoles d'un nombre important de jeunes, généralement d'un haut niveau de formation, alors que les personnes les plus âgées cessaient leurs activités. Le pourcentage de travailleurs ayant au moins le niveau secondaire a augmenté de plus de moitié (+52,6%), de même que la part de ceux ayant une formation professionnelle (+54,9%). A l'opposé, le pourcentage de ceux n'ayant au plus qu'une formation primaire a chuté (-18%). Il convient de noter que l'effectif de ceux ayant une formation supérieure a diminué de près de 6 000, (-31%). Ceci est probablement dû au fait que ces personnes ont décidé de quitter l'agriculture pour aller vers des secteurs où les conditions de travail et de rémunération sont meilleures.

Si l'on compare l'agriculture aux autres secteurs de l'économie, on constate que le niveau moyen de formation y est beaucoup plus bas. L'agriculture emploie 20 fois moins de personnes ayant une formation de niveau supérieur, 3 fois moins ayant une formation secondaire et 1,2 fois moins ayant une formation professionnelle. Par contre, il y a 2,5 fois plus de travailleurs ayant au plus le niveau de formation primaire. Cette structure des niveaux de formation est semblable à celle de la population rurale. Ceci correspondant à la plus faible demande de formation dans ce milieu, l'opinion commune dans les villages était que celui qui reprend une exploitation agricole n'a pas besoin d'améliorer ses compétences.

En résumé, la situation se caractérise par les points principaux suivants :

  • Une agriculture majoritairement privée, avec de nombreuses petites exploitations dont l'effectif diminue,

  • Des structures d'exploitations variant fortement selon les régions,

  • Une population active agricole dont les effectifs augmentent, qui rajeunit, mais dont le niveau de formation, bien que s'améliorant, est encore bas,

  • Un milieu rural sous équipé dans le domaine des services, durement touché par la crise, où le chômage est en forte croissance.

 

  • Des objectifs pour l'an 2 000

Le Gouvernement polonais estime qu'en l'an 2 000 il n'y aura pas plus de 600 à 700 000 exploitations agricoles modernes, tournées vers le marché1, ceci signifie que plus 1,4 millions d'exploitations privées devront soit disparaître, soit produire pour la consommation familiale, disposant dans ce cas là de revenus d'origine non-agricole.

Des experts estiment que cet objectif ne pourra être atteint, ils notent que la baisse entre 1990 et 1995 n'a été que de 8% et qu'à ce rythme, il y aura une diminution des effectifs de moins de 200 000 exploitations d'ici à l'an 2 000. Ceci correspond au fait que l'effectif des petites exploitations (moins de 2 ha) devrait augmenter de 22% en 1994 à 25% du nombre des exploitations privées2. Le maintien de ces petites exploitations freinera les migrations vers les centres urbains et requerra, grâce à une politique de développement rural approprié, la création d'emplois en milieu rural, fournissant les revenus indispensables aux agriculteurs.

Mais la modernisation de l'agriculture suppose également une amélioration de la productivité du travail par la mise en oeuvre d'avancées technologiques et une maîtrise renforcée des mécanismes de gestion de l'exploitation et de mise en marché des productions. Deux dispositifs ont pour mission de contribuer à ces progrès : les Centres de Conseil ( O.D.R.) et l'enseignement agricole.

a - Les ODR

Les ODR sont les centres de conseil répartis sur l'ensemble du territoire, disposant d'un réseau de conseillers agricoles spécialisés par filière, qui proposent un appui technique aux agriculteurs. Ils apparaissent comme des structures déterminantes pour la réussite des transformations inscrites dans la politique agricole.

Les ODR proposent divers types d'intervention:

- l'appui individuel aux agriculteurs pour la comptabilité, l'étude des investissements, la restructuration de l'exploitation,

- des propositions de développement en matière d'évolution des productions, de diversification des activités, d'application locale des programmes nationaux,

- un appui à l'organisation de la profession agricole :

. développement des "conseils d'agriculteurs", organisation cantonale fonctionnant selon un mode électif, les responsables étant élus pour trois ans,

. mise en place de Chambres d'agriculture,

. renouveau des coopératives agricoles.

- une fonction recherche-développement : les ODR travaillent en liaison avec la recherche dans les domaines de la production et de la gestion-comptabilité des exploitations,

- un appui aux structures d'enseignement agricole : les conseillers interviennent dans la formation initiale des jeunes et dans la formation des adultes. Ils s'adressent aux enfants d'agriculteurs en leur présentant notamment les règles du jeu du marché concurrentiel et en leur expliquant la nécessité des outils de gestion dans les exploitations qui deviennent des outils d'aide à la décision. Ils assurent également des sessions de formations pour les enseignants et diffusent les acquis des expérimentations conduites dans les "fermes-modèles".

Les difficultés actuelles des ODR :

- le manque de moyens oblige les conseillers a faire des choix difficiles, car un conseiller "suit" en moyenne 340 exploitations,

- la diversité de la population agricole constitue un frein aux actions de conseil. En effet, si un certain nombre d'agriculteurs, déjà engagés dans la réflexion sur la nouvelle situation économique, sont demandeurs de conseils, d'autres ont une attitude opposée. Les agriculteurs les plus âgés, moins formés, en grande difficulté économique, lassés par les réformes successives et réticents aux dynamiques collectives, contestent parfois la légitimité des ODR.

1 M.A.F.E. - Concept of Social and Economic Policy for Rural, Agricultural and Food Economy Sectors till Year 2 000 - Warsaw, June 1994.

2 European Commission, D.G. for Agriculture - Agricultural Situation and Prospects in the Central and Eastern European Countries : Poland. Working document. July 1995

b - L'enseignement agricole

L'enseignement rural a été, depuis des décennies, fortement marqué par la culture urbaine, ce qui correspondait à la mission qui lui avait été assignée : favoriser l'exode rural. L'enseignement agricole, lui, était orienté prioritairement vers la formation de la main-d’œuvre pour le secteur d'État et les grandes coopératives. Aujourd'hui encore, l'enseignement agricole est très marqué par cette histoire et nombre de difficultés actuelles y trouvent leur explication.

Les spécialistes polonais estiment que les exploitations agricoles familiales ont besoin chaque année de 60 000 jeunes agriculteurs. Sur la période 1980-90, les écoles agricoles formaient entre 42 000 et 45 000 diplômés par an1. Seuls 16 000 (38%) de ces diplômés commençaient leur vie active dans les exploitations agricoles individuelles, 13 000 (30%) trouvaient un travail dans les exploitations d’État, dans l'enseignement agricole ou dans l’administration de l'agriculture. Les 13 000 restant (30%) travaillaient dans des secteurs non-agricoles2.

Cette situation s'expliquait par :

  • le recrutement d'un nombre très faible de jeunes souhaitant travailler dans les secteurs agricole ou para-agricole, moins de 10% pour l'agriculture et 10% pour un métier rural,

  • le fait que les effectifs féminins sont importants et que seul un tiers des filles s'oriente vers l'agriculture, les débouchés féminins y étant rares,

  • l’exode de la jeunesse agricole vers des villes où le niveau de la vie est supérieur à celui de la campagne.

Dans les années 80, on estimait que, chaque année, entraient dans l'agriculture:

- outre les 16 000 diplômés des écoles agricoles, soit 27% du flux d'entrée,

- 24 700 diplômés des écoles non-agricoles, soit 42%,

- près de 19 000 jeunes ayant terminé ou non l’école primaire, soit 31%.

 

Le maillage des établissements3 est dense puisqu'il existait, en 1994-95, 925 établissements sous tutelle de l'un ou l'autre ministère et se répartissant en :

1 Selon le Dr. Goraj, le nombre de diplômés des établissements secondaires agricoles était de 38 000 seulement en 1993.

2 Krosny J. - Projekt zmodernizowania oswiaty rolniczej - Maszynopis CDiEwR Brwinow-Pszczelin. 1992.

3 Les principales données pour 1994-95 sont extraites de l'ouvrage de J.Krosny- Szkola rolnicza w okresie przemian. Varsovie : IBE- 1996.

Les établissements d'enseignement agricole en 1994-95

La modernisation de l'enseignement agricole polonais *                  1996

Il y a en outre, 12 établissements privés. Ces 925 établissements assurent les formations initiales, les formations pour handicapés et les formations pour adultes.

Les écoles offrant différents types de formation initiale sont les suivantes :

  • L’École Professionnelle Agricole de Base accueille, sans examen d'entrée, les élèves à la fin de l'école primaire, afin de préparer en trois ans un Brevet professionnel. Ce diplôme, de niveau V, permet l'entrée dans la vie active, mais les diplômés ont la possibilité de poursuivre leurs études à l’école technique agricole de trois ans.

  • L’École Technique Agricole de trois ans, amène les diplômés de l’école professionnelle de base au diplôme de technicien, de niveau IV. A la fin de la formation, les diplômés ont la possibilité de passer le baccalauréat.

  • L'École Technique Agricole de cinq ans accueille, après un examen d'entrée, les élèves diplômés de l'école primaire, pour préparer le brevet professionnel, puis le diplôme de technicien. A la fin de la formation les étudiants ont la possibilité de passer le baccalauréat.

  • Le Lycée Professionnel Agricole offre une formation générale solide associée à une formation professionnelle. A la fin de la formation de quatre ans, les étudiants passent l’examen du baccalauréat.

  • L’École Professionnelle Agricole post-secondaire, de deux ans propose des formations professionnelles aux diplômés du ministère de l’Éducation nationale. Cette école délivre des diplômes de niveau III (Bac+2).

L'enseignement supérieur est assuré par les Académies agricoles qui délivrent en quatre ans les diplômes d’ingénieur, et en cinq ans celui de magister. Les études vétérinaires durent 6 ans.

En 1994-95, il y avait 3 025 écoles publiques (unités de formation) se répartissant ainsi :

 

La modernisation de l'enseignement agricole polonais *                  1996

Il y avait 6 écoles privées, soit 4 écoles techniques agricoles de 3 ans, 1 école technique agricole de 5 ans et 1 école professionnelle de base.

Au total, en 1992-931, les établissements d'enseignement agricole secondaire, sous tutelle des deux ministères, ont accueilli 186 600 personnes dont 168 200 jeunes en formation initiale. Ces effectifs se répartissaient de la manière suivante :

- Écoles professionnelle agricoles de base 79 000 élèves, soit 46,7%,

- Écoles techniques agricoles 42 000 élèves, soit 24,8%,

Cette filière professionnelle regroupe donc 71,5% des effectifs.

- Écoles techniques secondaires agricoles 35 500 élèves, soit 21%,

- Lycées professionnels agricoles 5 000 élèves, soit 3%,

- Écoles professionnelles agricoles post-secondaires 6 700 élèves, soit 4%.

 

En 1995-96, les établissements d'enseignement agricole secondaire, sous tutelle du seul ministère de l'Agriculture2, ont accueilli 187 400 personnes dont 168 600 jeunes en formation initiale. Ces effectifs se répartissaient de la manière suivante :

- Écoles professionnelle agricoles de base 55 650 élèves, soit 33%,

- Écoles techniques agricoles 11 750 élèves, soit 7%,

- Écoles techniques secondaires agricoles 81 000 élèves, soit 48%,

- Lycées professionnels agricoles 18 550 élèves, soit 11%,

- Écoles professionnelles agricoles post-secondaires 1 650 élèves, soit 1%,

Le personnel enseignant

En 1994-95, le corps enseignant des écoles professionnelles agricoles est constitué de 16 972 enseignants dont 15 219 dans les établissements du ministère de l'Agriculture, soit 24 par établissement, et 1 753 dans ceux du ministère de l'Education nationale, soit 6 par établissement.

Parmi les enseignants du ministère de l'Agriculture, 5 881 (38%) enseignent les matières générales, 4 700 (31%) les matières professionnelles et 2 270 (15%) assurent l'enseignement pratique, enfin 995 sont des moniteurs pour les internats. Plus de 80% de ces enseignants ont une formation supérieure, 17% ont suivi une formation supérieure courte (bac +2) ou technique, dans ce dernier cas il s'agit le plus souvent d'enseignants chargés de la formation pratique ou de moniteurs. Enfin, il faut souligner que 92% des enseignants ont reçu une formation pédagogique.

Un enseignement en pleine évolution

L'enseignement est considéré comme un des leviers essentiels de la politique agricole qui place l'exploitation agricole familiale au cœur de la politique de modernisation. Or, cet enseignement doit évoluer dans une situation complexe où cohabitent des situations difficiles, constituant des freins, et des situations ouvertes porteuses de dynamisme :

- des directeurs "sous surveillance" : leur nomination se fait sur avis d'un jury composé majoritairement d'élus (des enseignants, des parents et des syndicats). Ce système apparemment démocratique laisse une large place aux pressions locales diverses, ce qui ne favorise pas toujours la prise en compte prioritaire de la compétence indispensable,

- des enseignants sous-payés et perdant leur motivation : ils sont actuellement les fonctionnaires les plus mal payés, avec ceux du secteur de la santé. Leur niveau d'études (bac + 5) n'est pas valorisé et ils sont amenés à exercer des activités parallèles, des "petits boulots" (traductions, cours particuliers, élevage, travail pour l'industrie),

- des directeurs et des enseignants qui s'inquiètent de l'avenir ( nombre d'écoles, restructuration des établissements, ...), subissent les évolutions plus qu'ils n'y participent et dont le manque de motivation constitue un frein à l'engagement des équipes d'établissement,

- une population scolaire qui reste, également, diversement motivée quant au métier d'agriculteur; elle est, en effet, majoritairement féminine, inscrite dans les nombreuses classes "d'économie familiale et rurale". On note l'accroissement des problèmes psychologiques et comportementaux liés à l'alcoolisme, au chômage et même, parfois, à la drogue,

- la question des débouchés est porteuse d'inquiétude : la difficulté de l'adaptation des formations à l'évolution des métiers, la hausse rapide du chômage en milieu rural, la disparition d'emplois dans les entreprises liées à l'agriculture conduisent les jeunes à s'interroger sur leur avenir,

- un enseignement pratique de qualité "médiocre" en raison du faible nombre des "fermes modèles", des difficultés de transfert aux exploitations familiales, de maîtres de stages insuffisants tant en qualité, qu'en nombre et en motivation,

- un enseignement qui peut se trouver en situation "d'immobilisme" en raison de la double tutelle et de réformes encore peu claires,

- un dispositif de formation continue encore fragile, structuré à partir d'un centre, Brwinow, dont le statut évolue, et des services des voïvodies à compétence plus administrative que pédagogique.

Pourtant, pour remplir ses missions, l'enseignement agricole doit devancer les mutations sociologiques et économiques, et accompagner l'ensemble des évolutions des secteurs agricole et rural. On constate que nombre d'initiatives sont prises au niveau local, dans les établissements.

Ainsi, les directeurs, pour faire face à ces défis, s'attachent à développer des stratégies de projet d'établissement, intégrant à la fois la question des débouchés et l'amélioration des performances demandées à l'agriculture. Pour y parvenir ils

- développent de nouvelles filières en économie-gestion, agro-business, agro-tourisme,

- améliorent "l'enseignement pratique" notamment en modernisant les exploitations annexées, en renforçant les liens avec les ODR, en achetant du matériel de démonstration plus performant,

- réoriente la formation générale afin qu'elle contribue à préparer les jeunes à un monde en constante évolution, en leur permettant d'acquérir des capacités d'adaptation, une ouverture d'esprits, des connaissances de base solides, la maîtrise d'une ou plusieurs langues étrangères et du langage informatique,

- développent les échanges avec les pays européens, par des voyages, des séjours d'études, l'importation de bétail et de matériel agricole, la construction de projets technico-économiques avec l'appui d'experts étrangers.

La modernisation de l'enseignement agricole

La modernisation du système de formation professionnelle a lieu pendant que, simultanément, le système d'emplois connaît des changements fondamentaux et que les points de référence ne sont pas encore disponibles3. Ainsi, les besoins futurs du marché de l'emploi sont difficiles, voire impossibles à préciser.

Moderniser l'enseignement agricole ne peut donc se faire selon des axes clairs, définis dès le début, il convient de réaliser une certaine part d'expérimentation et cette modernisation est, en elle-même, processus de formation pour ceux qui s'y impliquent et elle demande du temps4. Il faut se rappeler que nombre d'experts estiment que la transition, entre la société administrée centralement et une société reposant sur l'économie de marché, prendra probablement une génération, car elle suppose des changements socioculturels et des mentalités.

De nombreux travaux le montrent, notamment l'analyse de la rénovation de l'enseignement agricole français, le concept de "modernisation" ne peut être réduit à quelques aspects techniques, économiques ou pédagogiques. La modernisation doit être comprise comme un processus global, une stratégie, qui a des dimensions diverses, économiques, techniques, sociales, psychologiques et pédagogiques.Ce processus n'implique pas seulement des changements dans les structures des institutions existantes et dans les programmes, mais il demande également la création de nouvelles formes de communication à l'intérieur du système de formation et entre celui-ci et son environnement, en particulier les entreprises. Il n'existe pas de "schéma final" à atteindre, et pendant une période assez longue, il est certain que coexisteront des réalisations différentes au sein du système.

A ce propos, il est nécessaire d'apporter quelques précisions concernant l'objectif du projet qui demande à ce que le système d'enseignement atteigne "les standards éducatifs de l'Union Européenne". Il s'agit là d'une notion floue, car les pays de l'U.E. ont des systèmes de formation professionnelle divers, résultant de contextes historiques et culturels différents, de plus, ils en mesurent de façons différentes les performances, enfin, les traités fondant l'U.E. ont précisé que chaque pays conserve la pleine responsabilité des orientations de sa politique d'éducation et de formation. Il est cependant possible de reprendre les points essentiels de deux "Livre Blanc" publiés par la Commission Européenne5, sur lesquels s'accordent les gouvernements de l'U.E.

Face au chômage et aux bouleversements techniques et économiques, l'exigence de formation déborde du cadre de la formation initiale. Elle pose le problème d'une capacité permanente d'évolution des actifs, à travers un renouvellement des connaissances techniques et professionnelles fondé sur un socle solide de culture générale. C'est le principe de l'éducation et la formation tout au long de la vie, contribuant à élever le niveau général des compétences.

Les compétences fondamentales indispensables à l'insertion sociale et professionnelle couvrent à la fois une maitrise accomplie des :

  • connaissances de base (connaissances linguistiques, scientifiques, etc.)

  • compétences de caractère technologique et social :

  • Capacité d'évoluer et d'agir dans un environnement complexe et à haute densité technologique, marqué, plus particulièrement, par l'importance des technologie de l'information,

  • Capacités de communication, de contact et d'organisation,

Ces compétences couvrent surtout la capacité, fondamentale, d'acquérir de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences, d' "apprendre à apprendre" tout au long de sa vie.

Sur le plan de l'organisation des formations,pour avoir une transition plus aisée et plus efficace avec la vie active, il est indispensable de développer et systématiser des formules d'apprentissage et de stage en entreprise, permettant l'acquisition des compétences dans le milieu professionnel lui-même. Ceci signifie que les entreprises devraient s'impliquer plus dans les systèmes de formation professionnelle, notamment en intégrant la dimension de la formation dans leurs plans stratégiques.

Le rôle de l'enseignement agricole est donc de préparer des individus pour des métiers et des entreprises en évolution, et de tisser des relations permanente entre l'établissement d'enseignement et son environnement économique et social.

Pour parvenir à moderniser l'enseignement agricole polonais, en favorisant les initiatives locales et régionales, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a choisi trois thèmes prioritaires que nous examinerons maintenant.

1 Nous ne disposons pas des statistiques pour l'année 1994-95.

2 Nous ne disposons pas des statistiques de ministère de l'Éducation nationale.

3 Voir l'excellent rapport : Grootings, Peter. Ed. Training in transition : comparative analysis and proposals for the modernisation of vocational education and traing in Poland. Berlin : CEDEFOP. 1993.

4 Boulet,Michel et Mabit, René. De l'enseignement agricole au savoir vert. Paris, Éditions L'Harmattan, 1991.

5 Commission Européenne. Livre Blanc Croissance, compétitivité, emploi. Les défis et les pistes pour entrer dans le XXIe siècle. Luxembourg : OPOCE. 1994 ;

Commission Européenne. Livre Blanc Enseigner et apprendre, vers la société cognitive - Luxembourg : OPOCE. 1995.

Les thèmes de travail

 

Nous arborderons les trois thèmes selon l'ordre de priorité défini par les responsables du Département de la Science, de l'Éducation et du Développement.

Thème n°1 - Direction, administration et contrôle des établissements

* État des lieux

L'organisation administrative

L’enseignement professionnel agricole polonais est un enseignement public placé sous la double tutelle du ministère de l’Agriculture et de celui de l’Éducation nationale. Sa mission est à la fois de donner à tous les élèves une formation générale pouvant permettre d'obtenir le Matura (équivalent du baccalauréat français), d'où la tutelle de l'Éducation nationale, et une formation professionnelle.

Cette double tutelle a toujours constitué un problème majeur en matière de réforme, ce qui a conduit à préciser le partage des rôles : aujourd’hui le ministère de l’Éducation nationale a la responsabilité de l’enseignement des matières générales et le ministère de l’Agriculture, des matières professionnelles.

La cohérence du processus de formation professionnelle exige une forte coopération entre les deux ministères.

+ Le ministère de l’Agriculture a, notamment, la responsabilité de :

 - la définition des orientations de l’enseignement agricole, 

 - la définition de la politique du développement agricole permettant de répondre aux besoins de l’agriculture polonaise ,

 - la définition des normes de création et de fonctionnement des divers types d'établissements d'enseignement agricole,

 - l'instruction des projets d’investissement concernant des établissements d'enseignement agricole, inscrits dans des plans de voïvodies,

 - la fixation des conditions d’admission dans les formations agricoles

- la préparation des projets de définition des métiers et des spécialisations de l’enseignement agricole,

- la définition des diplômes,

- l'élaboration des plans de formation et des programmes d’instruction professionnelle (en accord avec le ministère de l’Éducation nationale),

- le contrôle et l'évaluation du travail didactique et éducatif des écoles agricoles,

- l'élaboration et la publication des manuels scolaires pour les matières professionnelles,

- l'aide à l’orientation professionnelle des jeunes,

- l'organisation de la formation permanente des enseignants des matières agricoles en coopération avec le ministère de l’Éducation nationale.

Le Ministère de l’Agriculture exerce son rôle de tutorat par l'intermédiaire de l’un de ses départements : le Département de la Science, de l’Enseignement et du Développement.

 

+ Pour sa part, le ministère de l’Éducation nationale a notamment la responsabilité de :

-  l'encadrement du statut des établissements ( missions, fonctionnement, recrutement,...),

- l'organisation des plans de formation dans les écoles d’enseignement général et dans les écoles d’enseignement professionnel,

- la définition des programmes pour les matières générales et professionnelles,

- l’organisation de l’année scolaire,

- les modalités de l’évaluation, de la qualification et de la promotion des élèves,

- le choix des manuels scolaires pour les matières générales.

Le ministère de l’Agriculture est tenu de prendre en considération les directives du ministère de l’Éducation nationale concernant l’enseignement professionnel. Mais il peut, en accord avec ce ministère, fixer les normes de fonctionnement des établissements d'enseignement agricole.

 

Le niveau régional de gestion administrative est la Voïvodie qui correspond en fait au département français. Le Voïvode est le représentant du Ministre et il est, à la fois, en charge des orientations de la politique agricole et de la gestion des établissements d'enseignement agricole.

En matière agricole, le ministère définit des programmes nationaux, tel la structuration de la filière lait et viande bovine, et le Voïvode en assure l'application régionale, il gére également les projets de restructuration foncière et les investissements financiers (prêts).

En matière d'enseignement agricole, le Voïvode assure une mission de contrôle et d'appui auprès des établissements, ceci en collaboration, voire en concurrence, avec les représentants des autres administrations, en particulier l'Éducation nationale :

- Recrutement et notation des directeurs d'établissements,

- Contrôle pédagogique, avec une évaluation complète de l'école tous les quatre ans,

- Contrôle administratif.

 

Il assure également le contrôle de la gestion financière des établissements : les crédits de fonctionnement et d'investissement transitent par un établissement support dont le directeur est mandaté pour effectuer toutes les opérations comptables, sous l'autorité du Voïvode. Pour effectuer ces tâches, celui-ci dispose de plusieurs services dont le service de l'agriculture et le service de l'enseignement agricole.

Le service de l'enseignement agricole de la Voïvodie comprend également des inspecteurs pédagogiques, "Wizytator", qui sont d'anciens professeurs et des inspecteurs administratifs, "Inspektor".

L'établissement

Il est constitué par un ensemble d'écoles ou "unités de formation" dont les rythmes peuvent être différents et qui assurent des formations initiales et des cours du soir.

Le directeur, est responsable de la mise en oeuvre de la politique éducative de l’État. Il bénéficie de l'aide d'une équipe de collaborateurs qui comprend un adjoint plus particuliérement chargé du secteur pédagogique, du directeur de l'internat, d'un responsable du personnel administratif et de service et du directeur de l’exploitation.

Différents conseils jouent un rôle consultatif ou délibératif :

-  Le conseil d’école, présidé le plus souvent par un enseignant, composé par tiers de membres élus représentants les élèves, les parents et les enseignants, il doit garantir les droits des élèves et des parents. Sans pouvoir de décision, ce conseil donne des avis et peut demander au service de l'enseignement agricole de la voïvodie de contrôler le directeur;

- Le conseil des enseignants est composé de l'ensemble du personnel enseignant et est présidé par le directeur de l’établissement. Les personnels administratifs, techniques et de service ne sont pas représentés, les parents d'élèves peuvent être invités aux travaux. Le conseil des enseignants se réunit au moins trois fois par an pour donner son avis sur l'ensemble du fonctionnement de l'établissement :

- le budget,

- le licenciement des personnels,

- les objectifs annuels du projet d'établissement,

- l’innovation et l'expérimentation pédagogiques.

En fin d'année civile, le directeur présente le bilan de l'année écoulée.

Le travail pédagogique dans l’établissement se déroule selon un plan qui suit les directives des ministères de tutelle, sous la responsabilité du directeur adjoint (appelé aussi directeur des études) et accepté par le conseil des enseignants.

Depuis le début du mois de juillet 1991, la plupart des établissements dispose d'une exploitation annexée, appartenant autrefois à une exploitation d'État. Ces terres sont remises à titre gracieux à une agence créée spécialement au sein du ministère de l'Agriculture. Cette exploitation doit être rentable, le responsable et les salariés de l'exploitation sont payés sur son buget. En 1994, on recense 168 exploitations et 24 ateliers de mécanique dans les établissements d'enseignement.

Les relations de l'établissement avec les entreprises et les collectivités locales sont d'importance et de nature variables.

Les directeurs

Ils sont recrutés par concours parmi les enseignants ayant au moins cinq années d'expérience professionnelle. Le concours est organisé pour chaque établissement, par le service de l'enseignement de la Voïvodie. Le jury est composé de deux enseignants élus de l'établissement concerné, de deux représentants élus des parents d'élèves, d'au moins deux représentants des syndicats d'enseignants et de deux personnalités nommées par le Voïvode. Les candidats présentent devant ce jury leur "projet" pour l'établissement. Le candidat retenu est nommé pour cinq ans par le Voïvode; il peut être renouvelé pour une nouvelle période de cinq ans, ensuite il doit représenter sa candidature. Il n'est pas rare que des directeurs redeviennent enseignants.

Les compétences du directeur d’établissement de formation sont précisées par la loi du 7 septembre 1991 sur le système de formation. Il :

- représente l’établissement en justice et dans tous les actes de la vie civile,

- recrute toutes les catégories de personnels et les gère; ces personnels sont payés par l'Etat, à l'exception de ceux travaillant sur l'exploitation,

- note les personnels tous les cinq ans, en vue de l'obtention d'une prime,

- assume les fonctions d'ordonnateur et de comptable,

- dirige les travaux du conseil des enseignants auquel il soumet, pour avis, le budget et l'organisation de l'établissement ,

- est garant de la correction des épreuves d'examen,

- dirige l’activité didactique et éducative de l’établissement,

A côté de sa fonction de direction, le directeur doit être le “meilleur enseignant” de l’établissement, son horaire d’enseignement est défini par la loi.

L'importance des fonctions exercées par le directeur nécessite une grande attention pour son recrutement et sa formation, ce qui impose de pouvoir revaloriser son statut social, donc son salaire.

L'absence d'une véritable formation préparatoire aux fonctions de direction est un handicap certain, un enseignant se retrouvant soudainement chargé de tâches de gestion et d'administration sans préparation1. Actuellement, la formation des directeurs comme des autres cadres se fait, soit dans le "centre de méthodologie" du kuratorium, de l'Éducation nationale (qui existe dans chaque voïvodie), soit à Brwinow.

Au Centre de Brwinow, la formation initiale est de 150-160 h en 4 ou 5 sessions, avec une partie pratique. Il y a beaucoup de parties communes avec les directeurs adjoints et les inspecteurs. L'examen se passe à partir de la rédaction d'un sujet qui intéresse chaque personne et à partir d'une épreuve pratique. Des formations sont également assurées dans les instituts de pédagogie des académies d'agriculture de certaines voïvodies.

La première année de la prise de fonction, une formation est proposée durant 8 week-end, un par mois (réunions avec des directeurs et cours supérieur). Les directeurs sont libres d'y participer ou non, tous ceux que les experts français ont rencontrés estiment que c'est utile.

Pour la formation continue, le perfectionnement se réalise aussi à Brwinow. et dans des centres de l'Education nationale au niveau régional.

La formation des directeurs d'internat et des surveillants (moniteurs), organisée par le Centre de Brwinow, dure six mois. Elle alterne formation théorique et stages dans des internats différents, elle se termine par la rédaction d'un mémoire. Douze conseillers méthodologiques apportent un appui aux responsables des 300 internats en fonctionnement.

 

L’inspection pédagogique

 

Les fonctions d’inspection pédagogique sont exercées par :

- le directeur d’établissement,

- le service de l’enseignement agricole des voïvodies,

- le Département de la Science, de l'Education et du Développement du ministère de l’Agriculture, avec les visitators et les conseillers méthodologiques,

-  le curateur, représentant du ministère de l’Éducation nationale au niveau voïvodie, pour tout ce qui concerne les matières générales.

Les missions de l’inspection pédagogique sont :

- Apporter une aide méthodologique,

- Résoudre des problèmes quotidiens didactiques et éducatifs dans les écoles,

- Vulgariser la pédagogie nouvelle,

- Contrôler et évaluer le niveau du travail dans l’établissement,

- Réunir des informations concernant l’enseignement,

- Fournir aux écoles une information actualisée sur les problèmes de l’enseignement et sur les changements législatifs.

L’inspection pédagogique se réalise par des inspections de contrôle et des conseils individualisés. Il a été fait le choix de séparer les fonctions de visitator, qui peut contrôler les enseignants, et les fonctions de conseiller méthodologique, qui ne peut pas entrer dans les classes.

La formation des visitators se réalise avec celle des directeurs à Brwinow. Elle est centrée sur les fonctions : visite complète de l'établissement pour en analyser l’organisation, vérifier les documents, étudier les résultats des enseignements, évaluer la coopération avec les instituts de pédagogie, avec les conseillers méthodologiques des domaines agricoles ; organisation de conférences,...

On peut devenir visitator après sept années d'expériences professionnelles, dont des fonctions de direction. Le visitator est choisi par le responsable de service de l'enseignement agricole.

* Note rédigée pour le rapport final sur le projet européen (PHARE) d'appui à la modernisation de l'enseignement agricole polonais. ENESAD 1996.

1 Voir Krosny J. Ksztalcenie i doskonalenie kadr kierowniczych szkol rolniczych. Brwinow - CDNSR - 1996.

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