Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'école des paysans

Chaire d'agriculture de Bordeaux, première chaire publique

3 Octobre 2019 , Rédigé par Michel Boulet Publié dans #Documents d'archives

 

Discours d'ouverture et programme du Cours général d'agriculture

ouvert le 11 février 1838 à l'Hôtel du Musée de Bordeaux

Par M. Auguste PETIT-LAFITTE, professeur.

 

Messieurs ,

S'il est vrai que l'homme n'ait consenti å faire usage de sa force et de son intelligence, que lorsque le besoin est venu le contraindre à user de ces deux précieux avantages, évidemment c'est vers l'agriculture que durent d'abord se porter ses efforts.

Jusque là, à l'aide de sa fécondité primitive, la terre avait pourvu à toutes les nécessités de son existence ; il avait partagé avec les autres animaux les trésors de cette bonne mère, sans peine, sans efforts, sans que son imagination eût été forcée de se livrer à aucune combinaison, sans qu'un exercice pénible eût couvert son front de sueurs et imprimé à ses membres les douleurs dc la fatigue.

Mais cet état de choses devait avoir un terme, les besoins se multipliant sans cesse et la terre ayant toujours plus d'enfants à nourrir, bientôt on devait sentir la nécessité d'aider à sa fécondité, de multiplier, de perfectionner ses produits.

Ainsi naquit l'agriculture.

Tant que ses procédés furent peu nombreux, ses résultats peu importants, la même nécessité qui avait porté l'homme à recourir à elle, le contraignit aussi à la perfectionner et les efforts qu'il fit encore dans ce dernier but, ne cessèrent que lorsqu'il eut assez agrandi son domaine, pour se procurer par ce moyen tout ce que réclamaient ses besoins des plus impérieux, ce dont la non satisfaction pouvait compromettre son existence.

Parvenu à ce point où il y eut, en quelque sorte, équilibre entre ces mêmes besoins et les moyens découverts pour y satisfaire, on ne fit plus que répéter les procédés déjà connus, sans s'inquiéter des perfectionnements dont ils pouvaient être encore susceptibles ; sans même se rendre compte de leurs modes d'action, des circonstances qui avaient pu les faire découvrir, leur faire accordait la préférence.

Alors l'intelligence, la réflexion firent place à l'ignorance et à la routine.

L'activité intellectuelle fut transportée dans les villes, au milieu de ces centres de population, où la vie ne saurait longtemps demeurer purement matérielle ; où l'exemple, les rapports mutuels, l'émulation font naître tant de nouveaux besoins, inventent tant de moyens pour y satisfaire.

Les merveilles que l'on rencontra dans cette nouvelle voie de civilisation, firent bientôt perdre de vue les succès déjà obtenus dans un genre d'occupation que le peuple et même ceux qu'une position sociale plus relevée, les avantages de la fortune et de l'instruction auraient dû mettre à l'abri d'une erreur de ce genre, regardaient déjà comme au dessous d'eux.

Seules, la hardiesse, l’originalité des découvertes frappèrent les esprits ; l'utilité, le bien que peut retirer l'humanité de chacune d'elles ne servirent plus à en mesurer l'importance, à régler le tribut de reconnaissance due aux inventeurs.

Ainsi se sont passées les choses chez toutes les nations civilisées dont l'histoire nous a conservé le souvenir.

Les arts que le luxe stimule, les sciences qui intéressent les jouissances de l'homme riche, de l'homme de loisir, firent de rapides progrès.

L'agriculture demeura stationnaire. On ne la considéra plus que comme une occupation mécanique digne de la classe la plus pauvre, la plus ignorante de la société, de celle qui ne pouvait autrement utiliser ses forces physiques, car on n'allait guère jusqu'à lui supposer une intelligence et moins encore jusqu'à lui fournir les moyens de la développer.

De cet état d'infériorité, qui devint dès lors le partage de l’agriculture, au mépris il n'y a qu'un pas et ce pas fut bientôt franchi.

Est-ce que en France, par exemple au moyen âge, le citadin n'était pas de beaucoup supérieur au campagnard

sous les rapports de l'instruction, de la richesse et des droits politiques qu'il partageait. Plusieurs villes, on le sait, traitaient alors d'égal à égal avec les monarques les plus puissants de l'époque : l'homme des champs gémissait sous la tyrannie la plus barbare.

Un bourgeois, dans la ville qu'il habitait, dans la commune dont il faisait partie, avait tous les droits qui appartinrent jadis au citoyen romain, tous les droits que consacrent nos constitutions modernes.

Le colon, le serf étaient la propriété des seigneurs, des communautés. On pouvait le vendre avec le sol qu’il arrosait de ses sueurs, l'accuser d'avoir voulu se voler lui-même s'il quittait sans permission la seigneurie dont il faisait partie, revendiquer sa personne jusque dans les rangs de la milice, jusqu'aux pieds des autels où les ministres de la religion chrétienne lui offrirent si souvent un refuge contre ses persécuteurs.

Le peuple qui ne réfléchit guère, les gens plus instruits qui adoptent trop souvent ses préjugés, ne tardèrent pas à tirer de cet état de chose des conséquences qui ne devaient pas concourir à la considération, aux progrès de l'agriculture.

On se fit à l'égard de cette occupation une opinion que les siècles qui se sont écoulés, que les progrès des lumières et de la raison publique n'ont pu entièrement détruire ; une opinion qui est encore l'obstacle le plus puissant, non seulement à ses progrès, mais aussi à ce qu’elle puisse être replacée, dans la hiérarchie des occupations sociales, au rang que lui assigne son incontestable utilité, au rang d'où elle n'aurait jamais dû déchoir pour le bonheur et pour le repos de l'humanité.

On confondit la triste condition de l'homme des champs avec la nature du travail qui lui était imposé. Lui-même, regardant ce travail en quelque sorte comme un châtiment, comme une nécessité fatale à laquelle il ne pouvait se soustraire, l'accomplit sans goût, sans intelligence et fut conduit peu à peu avec le reste de la société à lc considérer comme avilissant, comme commandant tous les genres de vexations, de mépris dont il était accompagné.

Il est inutile de faire remarquer que durant tout le temps que les choses demeurèrent dans cet état, l'agriculture ne fit aucun progrès, et même, lorsque la raison publique eut fait justice de la plupart des abus que la nation devait à la féodalité, aux facilités que l'ignorance, la misère avaient prêtées aux empiétements de ce régime, on voit les hommes qui s'intéressent à l'agriculture forcés de faire d'abord la guerre au préjugé sous lequel gémissait cette occupation. Il ne fallait rien moins alors que l'autorité de la noblesse, si puissante, si respectée, pour oser dire au peuple que l'agriculture était chose honorable et pour le prouver, que l'exemple des barons labourant leur champ l'épée au côté et suivis de tous les officiers qui composaient à cette époque une cour féodale.

Qui n'a lu, nous oserons dire avec attendrissement, la dédicace que fait de son livre au roi Henry IV, notre bon Olivier de Serres, seigneur du Pradel. Il aime l'agriculture, il en sent l'utilité, il veut lui consacrer son temps ; mais il tremble que ses intentions ne soient méconnues, qu'on ne prenne pour une répudiation de son antique race le dessein de se vouer à cette paisible occupation. Il s'efforce d'en démontrer l'utilité ; il prouve qu'elle est digne de toute la sollicitude d'un bon citoyen, qu'elle est aussi un moyen de s'acquitter envers l'état de ce tribut de dévouement que tenaient toujours à sa disposition les hommes de sa classe.

« Une autre considération, dit-il, m'a fait résoudre à ceci : (à publier son livre) c'est le service que je dois à Votre Majesté, comme son naturel sujet. Il est dit en l’Écriture Sainte, que le Roi consiste quand le champ est labouré : dont s'en suit que procurant la culture de la terre, je ferai le service de mon prince : ce que rien tant je ne désire, afin qu'en abondance de prospérité Votre Majesté demeure longuement en ce monde. »

ll est rare malheureusement que les préjugés d'une nation ne passent pas dans son gouvernement ; que celui-ci ne partage pas les opinions des masses ; qu'il n'y ajoute pas la sanction de ses actes.

L'agriculture n'étant plus considérée comme profession, son application restant totalement abandonnée à une classe dont l'ignorance ne devait pas cesser de sitôt, dans toutes les mesures qui furent prises pour organiser l'instruction publique, il ne fut nullement question des connaissances nécessaires à l'exploitation de cette branche importante de la richesse nationale.

Le droit, la médecine, la science des combats eurent leurs Écoles. A mesure que la civilisation se perfectionnait, de nouveaux moyens d'instruction étaient offerts à ceux qui se venaient aux arts, aux industries nombreuses que fait naître cette civilisation ; sans que jamais, sous ce rapport on pensât à la plus importante des sciences, au plus utile des arts, à celui qui crée la véritable richesse des nations, qui assure leur repos, leur prospérité ; à l'agriculture enfin.

Aussi les préjugés qui plaçaient l'agriculture au dernier rang des occupations sociales, jetèrent-ils dans la nation des racines tellement profondes, que nous les avons vus résister aux révolutions nombreuses qui se sont succédées et qu'aujourd'hui encore, ils sont un obstacle puissant aux projets d'améliorations que méditent, en sa faveur, tant d'hommes honorables ; au désir que l'on aurait de satisfaire à la nécessité, chaque jour plus impérieuse, de rendre à cette occupation l'importance qui fut primitivement son partage, afin de trouver dans les mœurs qu'clle adoucit, dans les goûts simples qu'elle donne, dans le véritable patriotisme qu'elle inspire, un contre-poids suffisant à ce débordement d'ambition, à cette soif de richesse des distinctions que favorisent nos institutions nouvelles et qui sont pour les sociétés modernes une source de tant d'embarras.

Plus un gouvernement affecte des formes libérales plus il suppose chez la nation qu'il régit, ce dévouement, ce désintéressement, cet attachement à la cause publique qui sont la sauve-garde la plus puissante de l'abus que l'on peut faire de ces précieux avantages. Eh ! bien, qu'on consulte l'histoire de tous les peuples qui se sont succédés sur la terre et l'on sera bientôt convaincu de cette vérité, que, chez tous, la plus grande masse de liberté accordée par le pouvoir coïncida toujours avec le plus haut degré d'estime accordé à l'agriculture, et que la tyrannie, si funeste à l'humanité ne s'établit jamais qu'après que la charrue eut été répudiée, qu'elle fut devenue le partage exclusif des esclaves ou de ceux que l'ignorance retenait forcément auprès d'elle.

Avant que la France eût adopté la forme de gouvernement qui la régit aujourd'hui ; avant que les grands principes d'égalité, de liberté, qui servent de bases à son état politique, eussent été proclamés, nos philosophes, nos écrivains, forcés de rendre hommage å la pureté des mœurs antiques n'avaient pu cependant découvrir les liaisons intimes qui existent entre ces mœurs et la simplicité, la sincérité d'une administration dont ils semblaient la conséquence ; bien qu'en réalité la force, l'efficacité, la durée de cette administration si douce, si paternelle n'eussent d'autres causes d'autres garants que ces mœurs elles-mêmes, si bien faites pour simplifier la tâche d'un gouvernement, pour réduire son action à la conservation pure et simple des intérêts publics, au maintien d'institutions qui comptaient autant de défenseurs que de citoyens et dont on n'avait jamais abusé, soit en s'en servant comme moyen de fortune ou d'élévation, soit en cherchant à restreindre ou à étendre, outre mesure, la portée qu'elles pouvaient avoir.

Mais l'expérience des trente premières années du XIXe siècle est venue éclaircir tous ces points de la science historique et donner à l'agriculture une importance sociale, qu'on n'avait pas soupçonnée. On s'est aperçu et on s'aperçoit chaque jour que les formes gouvernementales ne sont rien sans les mœurs qui doivent leur servir de base et de garantie ; qu'elles ne suffisent pas pour corriger les vices d'une nation, pour changer sa manière d'être et que, là où les idées, les opinions, les habitudes, ne sont pas en harmonie avec elles ; plus elles sont libérales plus elles peuvent être dangereuses par la facilité qu'on a d'en abuser, de chercher dans leur usage autre chose que le bonheur, que le bien-être de tous.

Par exemple aujourd'hui en France, à quoi sert l'instruction que le gouvernement répand dans toutes les classes de la société avec tant de libéralité ? sinon à inspirer relativement à chacune de ces classes des idées d'ambition qui les poussent graduellement à s'élever de plus en plus. Que cherche-t-on le plus ordinairement dans toutes ces charges que concède le vote populaire, dans le mandat de dévouement qu'il impose ? sinon des moyens de fortune et de distinction.

Quand les institutions ont changé ; quand les inégalités sociales fondées sur la naissance ont disparu ; quand chaque citoyen a pu se proposer pour but de ses efforts les emplois les plus hauts placés, les professions les plus justement honorées ; l'esprit, les opinions, les préjugés de la nation qui sont l'ouvrage du temps et que le temps seul peut modifier, sont restés les mêmes. Est-il étonnant dès lors qu'on ait abusé de ces institutions ; que trop souvent les intérêts privés aient été préférés aux intérêts de tous ; que parmi ceux qui ont offert de se mêler des affaires publiques un si grand nombre n'ait songé qu'à ce qui pouvait lui être avantageux ; que le gouvernement ait été entouré de solliciteurs ; que les professions que dédaigna l'ancienne société se soient vues abandonnées ; que la nation n'ait plus offert qu'un déclassement général, un pêle-mêle d'ambition, de luttes et d'intrigues. Certes il n'y a là-dedans rien d'étonnant, c'est un mal dont le chef de parti peut bien ne pas vouloir reconnaître la cause, mais qui n'en reste pas-moins aux yeux de l'observateur impartial, la conséquence du désaccord existant encore entre nos mœurs et nos institutions ; des progrès de celles-ci et de l'état arriéré de celles-là.

Quoiqu'il en soit le remède à cet état de choses, qu'il est si important de réformer, ne saurait se trouver dans ces changements que certains esprits voudraient faire subir à l'ensemble de la société, non plus que dans la modification des lois qui la régissent, il est, nous ne saurions le répéter trop souvent, il est tout entier dans nos mœurs qu'il s'agit de mettre en harmonie avec nos institutions.

Le progrès des lumières, l'expérience de la vie sociale, nous ont conduits à la forme primitive des gouvernements ; ils ont indiqué les sources d'où émane le pouvoir ; ils ont appris à en régler l'exercice, sans porter atteinte au prestige qui doit toujours l'environner : que ces causes, et certes ce ne serait pas rétrograder, nous conduisent aussi aux opinions, aux idées de cette même époque de la vie sociale et le problème sera résolu.

Effectivement, dans une société dont les idées n'ont point encore été faussées par un long usage de la civilisation, toutes les professions sont honorables, dès qu'elles sont utiles.

Ce grand principe reconnu, admis par la généralité des citoyens, on conçoit que le danger résultant de l'encombrement de certaines de ces professions, du délaissement total de certaines autres est beaucoup moins à craindre. Ce motif de suprématie, de distinction qui fait qu'on recherche les premières de préférence aux autres, disparaissant, ce n'est plus que sous l'influence des circonstances résultant de la position particulière de chaque individu, de l'état de sa fortune, de ses relation, de ses habitudes, de ses goûts que se fait un choix auquel président trop souvent, sous l'influence des idées actuelles, l'ambition, le désir de s'élever, de se ranger dans une classe supérieure à celle où l'on est né, à celle où l'on aurait trouvé l'appui, l'encouragement qu'exige toujours l'adoption d'un état et dont la privation peut devenir souvent la cause de bien des mécomptes.

Certes, le jour où une semblable réforme pourra être introduite dans les mœurs de la nation, l'agriculture, si profitable à l’État, si avantageuse pour celui qui s'y livre avec tous les éléments de succès nécessaires, deviendra la profession d'un grand nombre de citoyens qui regrettent aujourd'hui de n'en avoir aucune. Soit que dédaignant celle que leur prescrivait leur position, ils n'aient pas jugé convenable d'en choisir d'autre ; soit que portant leur ambition plus haut, selon les idées actuellement reçues, ils n'aient acquis qu'un vain titre, alors qu'ils croyaient se faire un État.

Oui elle le deviendra parce que, ainsi que le disait Cicéron dans un temps, hélas, où ces idées n'appartenaient déjà plus qu'au domaine de la philosophie : de tous les moyens d'acquérir, il n'y en a pas de plus fécond, de plus noble, ni qui fournisse tant de plaisir que l'agriculture.

Elle le deviendra parce qu'elle est également digne, et des méditations du savant qui veut connaître et diriger

l'application de ses hautes théories, et de l'homme riche à qui elle offre le moyen de faire un digne, un profitable emploi des dons de la fortune ; et du simple ouvrier qui peut lui demander constamment l’occupation qui le fait vivre, quels que soient d'ailleurs la concurrence, les caprices de la mode, les crises commerciales ou politiques qui agissent d'une manière si funeste sur la population laborieuse des villes.

Elle le deviendra parce que l'état actuel de la société l'exige impérieusement ; parce qu'elle est la seule profession qui réclame encore les sujets dont toutes les autres surabondent ; parce que en appelant à elle les hommes qui, par désœuvrement, rêvent encore des changements politiques, en les mettant à même d'utiliser des connaissances dont ils mésusent, elle rendra à la société le repos, le calme, la stabilité dont elle a besoin pour consolider ses institutions, pour achever sa régénération.

Elle le deviendra parce que le gouvernement a senti, a reconnu la nécessité de manifester autrement que par des paroles, par des vœux stériles, l'intérêt qu'il porte à cette utile science ; parce qu'il a résolu d'en favoriser l'enseignement, par tous les moyens possibles et dans les cités riches et populeuses où cet enseignement aura pour résultat de procurer à l'agriculture les capacités et les capitaux qu'elle réclame, et dans les champs où il révélera aux simples travailleurs qui l'ignorent encore, l'importance, la dignité d'une occupation que dès lors ils seront fiers d'avoir embrassée et qu'ils ne voudront plus abandonner.

Elle le deviendra enfin parce que, aux yeux de l'opinion publique et de ceux qui gouvernent, il y aura du mérite à féconder le sol de la patrie, des palmes à cueillir dans les champs qu'aura sillonnés la charrue.

Pour nous, Messieurs, qui avons reçu la haute mission de proclamer ces idées, de tout faire pour en amener le

triomphe, nous commençons aujourd'hui, sous de bien heureux auspices, devant ce que la cité compte de plus recommandable, en magistrats, en citoyens, en hommes dévoués à l'agriculture, un enseignement qui exigera de notre part bien des travaux, bien des recherches, bien de l'application, puisque nous sommes obligés, pour ainsi dire, de créer cet enseignement et de marcher pour cela dans une voie où rien ne pourrait nous soutenir, si nous ne savions d'avance que, connaissant toutes les difficultés qu'il nous faudra vaincre pour accomplir notre tâche, vous serez toujours disposés à mesurer votre approbation, moins sur les résultats obtenus que sur les moyens employés dans cette intention.

Ainsi sera remplie, nous en avons la confiance, l'attente du Comice agricole de Bordeaux qui, le premier, a donc eu l'idée de l'établissement, dans nos murs, d`une chaire d'agriculture ; de Monsieur le Préfet qui l'a appuyée avec le zèle qu'il déploie toutes les fois qu'il s'agit des intérêts de notre beau département ; de nos administrations locales surtout du conseil municipal qui s'y est associé autant qu'il a dépendu de lui de le faire ; de ceux de nos concitoyens siégeant à la Chambre des pairs et à la Chambre des députés qui lui ont prêté le concours de leur influence ; enfin de Monsieur le Ministre des travaux publics, de l'agriculture et du commerce qui a saisi cette occasion pour prouver de nouveau le vif intérêt que porte à l'agriculture le gouvernement d'un Roi qui est lui-même le protecteur le plus éclairé de cette utile science.

 

PROGRAMME du Cours général d'agriculture

Première partie

Études indispensables à l'intelligence de la science agricole

I. Principes généraux de géologie appliqués à l'agriculture et principalement à l'agriculture du département de la Gironde. - Formation.- Composition. - Propriétés. - Analyse. - Classification des sols.

Sous-sols , - leur connaissance - leur mélange.

II. Des principes vivifiants de la végétation. - Atmosphère- - Air.- Lumière. - Chaleur. - Eaux. - Électricité.

III. De l'air considéré comme fluide agité. - Météorologie.

IV. Des situations et de leur influence sur la végétation. - Climat. - Abris. - Expositions, etc.

V. Étude du végétal. - Principes de botanique, de physiologie végétale. - Produits végétaux. - Lois qui les régissent. - Classification. - Géographie botanique et agricole.

Deuxième partie

Science agricole proprement dite

I. Divisions de la science agricole.

II. Choix, appropriation, amélioration des sols.- Défrichements, défoncements, dessèchements et irrigations. - Ecobuage. -Transport des terres. - Amendements.

III. Travail des terres.- Instruments aratoires. - Application des animaux domestiques au travail.- Labourage - hersage, etc. - Engrais- stimulants- assolements- jachères.

IV. Culture proprement dite.- Division et classification des plantes cultivées (pour chacune d'elles).- Principes généraux sur le choix et la préparation du terrain- l'ensemencement ou plantation- l'entretien- les maladies, accidents , animaux nuisibles. - La récolte- l'enlèvement- la conservation- l'usage - la fabrication de leurs produits.

V. Animaux faisant partie de l'exploitation rurale. - Division et classification des animaux servant à l'exploitation rurale.- Principes généraux sur leurs choix- multiplication- croisement- entretien - produits.

VI. Économie- administration - comptabilité rurale.

VII. Influence de l'agriculture sur le bien-être social.

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article