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L'école des paysans

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

31 Mars 2020 , Rédigé par Michel Boulet Publié dans #Histoire de l'école des paysans

L'analyse des données concernant les effectifs inscrits en formation initiale indique qu'à la rentrée de septembre 2002, l'enseignement agricole secondaire et supérieur court connaît divers mouvements qui méritent attention.

A la rentrée 2002, avec 172 122 élèves, on constate une baisse des effectifs (-0,5%), après six années d’augmentations importantes en 1993 (+ 5,6%), en 1994 (+ 6,8%), en 1995 ( +4,7%), 1996 (+ 5,5%), et 1997 (+3,3%) et un ralentissement en 1998 (+1,7%) et en 1999 (+ 0,7%), puis une baisse en 2000 (-1,8%) et 2001 (-1,3%)

En 1996, pour la première fois depuis le début de la rénovation en 1984-85, le ministre de l'Agriculture avait souhaité la « maîtrise de la croissance des effectifs » à environ + 2%, ce qui donna lieu à signature de protocoles avec les fédérations du privé. Ce taux n'a pas été respecté en 1996-97 (+ 5,5%), avec des différences selon les familles institutionnelles : public (+ 3,4%), CNEAP (+ 6,4%), UNMFREO (+ 8,7%), UNREP (+ 2,8%). A la rentrée 1997, les effectifs ont progressé moins vite (+3,3%), avec toujours des différences entre public (+ 2,6%), CNEAP (+ 2,9%), UNMFREO (+ 4,4%), UNREP (+ 1,2%). En 1998-1999, la progression n’est plus que de 1,7%, les différences demeurent entre le public (+1,9%), le CNEAP (+1,3%), l’UNMFREO (+1,6%) et l’UNREP (+3,6%). En 1999-2000, la progression a été de 0,7%, mais de 3% pour l’UNMFREO, de 0,5 pour l’UNREP et il y a eu stabilité pour le public et baisse pour le CNEAP ( - 0,3%). Cette année, seule l’UNMFREO ( + 1,7%) est épargnée par la baisse des effectifs qui touche l’UNREP ( - 0,9%), le CNEAP ( - 0,7%) et le public ( - 1,8%

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Il y a, pour la première année depuis 1999, augmentation des effectifs du niveau V, et recul des niveaux IV, notamment en 2° générale et technologique, et III, où la baisse des entrées en 1ère BTSA est préoccupante. Après avoir connu en 1998-1999, pour la première fois depuis 1992-1993, une croissance supérieure à celle du privé, la part du public qui avait reculé de 43,9 % en 1992-93 à 39,4% en 1997-98, puis remonté à 40,5% est pour la 4ème année en recul à 39,5%, soit une part inférieure à celle de 1983-84 à la veille des lois Rocard.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

La hausse est faible, après trois années consécutives de ralentissement de la croissance des effectifs ( + 7% en 1996-97, + 3,8% en 1997-98, +1,5% en 1998-99 et + 1,2% en 1999-2000), suivies de deux années de baisse ( - 1,5% en 2000-2001 et -1,3% en 2001-2002°. Les effectifs du niveau V augmentent après quatre années de baisse, il y a une nette baisse du niveau IV depuis trois ans et nette baisse du niveau III.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Le CNEAP ne représente plus que 47,2% des effectifs du privé, soit le niveau le plus bas depuis 1983-84, après avoir atteint 54% en 1990-91. L'UNMFREO (46,2%) atteint la place la plus importante depuis 1978-79, après avoir décru jusqu'en 1990-91 (38,1%). L'UNREP (6,2 %) est en baisse et demeure pour la troisième année consécutive à son plus bas niveau depuis 1983-84.

* Ensemble

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Il y a une reprise de la croissance au niveau V après plusieurs années de baisse des effectifs. Les niveaux IV et III accusent un nouveau recul ., avec un recul très fort au niveau III.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

L’an dernier nous observions que la répartition des effectifs par niveau confirmait que le renversement de tendances (croissance du niveau V), constaté de 1994-95 à 1996-97, dans l'évolution connue depuis plusieurs années était terminé : le niveau V diminuait, alors que les niveau III et IV progressaient. Cette année, il y a progression relative des niveaux V et III et recul du niveau IV.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

* Évolution du nombre de classes et de l'effectif moyen par classe.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

En 1999-2000, on notait qu’en quinze ans l'effectif moyen par classe a augmenté de 13,4%, mais seulement de 4,2% dans les établissements publics, alors que la hausse est de 23,9% dans ceux du privé où la croissance la plus forte est celle des classes de l'UNMFREO avec 38,5% contre 17,2% pour celles du CNEAP, l'effectif moyen dans les classes de l'UNREP étant quasi stable, + 2,1%.

Cette année, l’effectif moyen par classe a diminué de 3,5%, alors que le nombre de classes a augmenté de 1,8%. La baisse de l’effectif moyen est plus forte dans le public, 4,5%, que dans le privé, 2,7%, elle est plus faible à l'UNMFREO avec 1,5% contre 4,2% pour le CNEAP et 7,4% à l'UNREP.

La croissance du nombre de classes est de 2,1% dans le public et de 1,6% dans le privé, avec 1,4% au CNEAP, 1,8% à l’UNMFREO et 1,9% à l’UNREP.

 

  • Mixité

Le nombre de filles est quasi stable passant de 1 603, passant de 75 947 à 76 025 élèves ( + 0,1%). Il y a forte baisse au niveau III (- 570 élèves, soit - 7,3%) et au niveau IV (- 363 élèves, soit - 1,5%) ; alors qu’il y a hausse au niveau V ( + 1 011 élèves, soit + 2,3%). Globalement, les filles représentent 44,2%des effectifs, pourcentage en hausse depuis trois ans, et qui demeure parmi les plus élevés depuis 1972-73. Cette place avait diminuée à partir de l'année scolaire 1973-74 jusqu'à la rentrée 1991 (38,2%) avant de progresser jusqu’en 1998-1999.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

La baisse est plus forte dans le secteur public, - 1,6%, elle concerne les niveaux IV (-1,6%) et V ( - 3,2%) alors qu’il y a progression au niveau III (+ 0,3%). Cependant, les filles représentent 34,5% des effectifs globaux, proportion jamais atteinte dans l'enseignement public.

Dans le secteur privé les effectifs sont en baisse de 2,2%, ce mouvement est plus important niveaux IV (- 3,2%) qu’au niveau V (- 2%), et il y a quasi stabilité au niveau III (- 0,1%). Au total, les filles représentent 49,8% alors qu’elles étaient majoritaires (50,2%) l’an dernier pour la première fois depuis 1973-1974.

  • Évolution de la mixité par niveau

Durant les deux dernières années, la part de filles par niveaux est demeurée stable, mais les effectifs ont diminué fortement au niveau V dans le privé.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.
  • Origine socioprofessionnelle

Les enfants d'agriculteurs ne représentent plus que 18,7% des effectifs alors qu'ils atteignaient 40,1% en 1985 et 34% en 1990. Leur place est plus grande chez les garçons (25,1%) que chez les filles (10,6%). Leur importance varie selon les niveaux, la plus faible étant au niveau V (14,8%), la plus forte au niveau III (25,6%), elle est également supérieure à la moyenne au niveau IV (22,5%). Cette tendance se vérifie aussi bien pour les garçons que pour les filles. Les enfants d'agriculteurs ne constituent plus que le second groupe par ordre d’importance des effectifs.

Le premier groupe est celui des enfants d'employés (23,8%), le troisième celui des enfants d'ouvriers non agricoles (18,4%). Ces deux origines sont plus représentées chez les filles (25,8% et 22,5%) que chez les garçons (22,2% et 15,2%), dans le privé (24,2% et 20,9%) que dans le public (23,2% et 14,6%). Leur part diminue lorsque le niveau de formation s'élève, aussi bien pour les garçons que pour les filles.

Les enfants d'agriculteurs représentent 22,3% des élèves du public et 16,4% de ceux du privé. Cette proportion plus importante est vérifiée pour les garçons et pour les filles, ainsi qu’au niveau III.

Sur les 32 848 enfants d'agriculteurs présents, moins de la moitié (47,6%) est dans le secteur public, ceci étant dû à leur faible présence au niveau V (33,8%), alors que c’est le cas de la majorité aux niveaux IV (55,5%) et III (62,8%).

Les fils d'agriculteurs sont répartis à égalité entre établissements publics et privés, mais ils sont majoritairement dans le public aux niveaux IV (57,6 %) et III (62,4 %), et minoritairement au niveau V (37,4%). Les filles d'agriculteurs sont majoritairement (59,1%) dans les établissements privés, sauf au niveau III, où elles sont en majorité (63,9%) dans le public.

  • Répartition des effectifs dans les formations professionnelles et technologiques

Ces filières regroupent 73,9% des élèves soit 129 663 (contre 74,6% l’an dernier). Elles ont diminué de 3 566 élèves, soit 2,7% par rapport à l'année précédente.

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Il faut noter la hausse des effectifs inscrits en CAPA, engagée depuis 1995-1996, mais qui se ralentit (+ 12,8%, +23,9%, + 14,5%, + 7,2% et + 4,5%), et celle du Bac pro pour la 3ème année consécutive.

Dans le secteur public ces filières connaissent une baisse des effectifs, soit 55 604 en baisse de 1 143 élèves, - 2 % ( +1,1% l’an dernier). Mais leur importance relative augmente, elles regroupent 79,2% des élèves (77,9% l’an dernier).

Dans le privé, ces filières connaissent une nette baisse des effectifs, soit 74 059 en baisse de 2 423 élèves, - 3,2% ( - 0,6% l’an dernier). Elles regroupent seulement 70,4% des élèves (71,6% l’an dernier).

  • s classes d’entrée dans les formations technologiques et professionnelles

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Dans le public, la baisse des effectifs en BTA correspond à la transformation de formations en Bac professionnel qui connaît lui aussi une baisse après une forte hausse l’an dernier(+ 9,2%). Il y a une nette baisse en BEPA s’expliquant par les variations démographiques et probablement par le maintien d’élèves dans les filières générales à l’issue du collège. Seuls le CAPA et le BTSA connaissent une hausse, le premier sur des effectifs réduits et le dernier après une baisse l’an dernier ( - 1%).

Le privé est confronté aux mêmes évolutions, mais seul le BTSA connaît une croissance des effectifs.

  • Les effectifs par secteur professionnel

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

- le secteur de la production connaît une baisse de ses effectifs (- 1 841 élèves soit - 3,4%), un peu plus dans le privé ( - 681 élèves, - 2,5%) que dans le public (- 581 élèves, -2%).

- le secteur des services voit augmenter ses effectifs (+ 386 élèves, + 0,9%), ce mouvement touche le privé ( - 1 437 élèves, -4%) mais le public est stable ( - 34 élèves, - 0,4%).

- le secteur de l'aménagement est en croissance, il gagne 447 élèves (+ 1,9%), répartis également entre le privé ( -73 élèves, - 0,7%) et le public ( - 78 élèves, -0,6%).

- le secteur de la transformation est en nette baisse avec une perte de 731 élèves (- 10,4%), tant dans le public ( - 448 élèves, - 8%) que dans le privé (- 232 élèves, - 8,4%).

 

  • Répartition des effectifs dans les formations générales et dans les classes d'orientation

De la 4ème aux classes préparatoires aux Grandes Écoles, ces formations regroupent 45 667 élèves, soit 26% des effectifs. Par rapport à l'année précédente, les effectifs progressent peu, 327 élèves, soit + 0,3%, et ceci pour la deuxième année consécutive et après deux années de recul ( - 0,2% et - 3,6% et + 0,3%).

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

Les effectifs des classes d'entrée dans l'enseignement agricole (4e et 2nde) connaissent des évolutions contradictoires, hausse des effectifs en 4e et baisse en 2nde .

La filière conduisant au baccalauréat scientifique, série S, en stagnation depuis trois ans connaît un recul.

Dans les établissements publics les effectifs présents dans ces classes ne réunissent que 20,8% des effectifs contre 29,6% dans le privé. Cette différence résulte d'une place plus réduite des 4e et 3e (6,2% des effectifs totaux contre 26,5 %). Dans le secteur public ces effectifs sont en recul avec - 489 élèves (- 3,2%), alors qu’ils croissent dans le privé + 816 élèves (+ 2,7%).

Ces évolutions différenciées conduisent à une diminution de la part des formations générales et des classes d'orientation dans les établissements publics (de 21 à 20,8%) et une augmentation dans les établissements privés (de 28,4 à 29,6%).

  • Classes d’entrée dans les formations générales et d'orientation

L’enseignement technique agricole à la rentrée 2002-2003. Analyse d'évolutions en cours.

En ce qui concerne les classes d'entrée (4e et 2nde), leurs effectifs diminuent de 186 (- 2,2 %) dans le public et augmentent de 140 (+ 1%) dans le privé. Dans le public, il y a, pour la quatrième année consécutive, un ralentissement des entrées par rapport à l'année précédente, il y a, notamment une forte baisse des entrées en 4e technologique et une baisse plus réduite en 2nde.

Dans le privé, la hausse des effectifs succède à une hausse l’année dernière (+ 4,3%), avec une nette progression des effectifs en 4ème technologique et une baisse en 2nde.

Cette diminution des effectifs à l’entrée résulte de deux phénomènes, le maintien des élèves en 5ème au collège et la mise en œuvre de la politique de maîtrise de la croissance des effectifs.

Source : Ministère de l'agriculture et de la pêche - DGER - Sous - Direction POFEGT - Bureau de la politique des structures et de la prévision.

Michel BOULET

ENESAD septembre 2003

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