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L'école des paysans

Un Institut entravé. L'INRAP et la rénovation de l'enseignement agricole.

11 Mars 2022 , Rédigé par Michel Boulet Publié dans #Histoire du pôle dijonnais, #Rénovation

La recherche en éducation et formation entre manque de moyens, pesanteurs administratives et engagement des acteurs.

Ce qu'on désigne habituellement comme la rénovation de l'enseignement agricole a débuté en 1981 avec la définition par le gouvernement d'une nouvelle politique de l'enseignement agricole. Mais, dès 1968, le nouvel Institut national de Recherches et d'Applications pédagogiques, INRAP, développe actions de formation des personnels et expérimentations pédagogiques.1

Malheureusement, dès ses débuts l'Institut ne dispose pas des chercheurs pourtant prévus dans les projets officiels (cf. ci-après les textes n° 2 et 3). Alors que le ministre de l'Agriculture, Edgard Pisani, voulait attribuer un rôle important à l'Institut2, dès 1969 les moyens budgétaires sont en baisse et le ministère ne définit pas précisément les rôles respectifs des établissements implantés à Dijon, ENSSAA, INPSA, INRAP, contribuant à des tensions entre les personnels3.

L'INRAP était situé à l'interface entre, d'une part les sources du savoir que sont les pratiques professionnelles et sociales et la recherche, et d'autre part, les réseaux de diffusion du savoir, en particulier le système de formation agricole (enseignement technique et supérieur, apprentissage, formation professionnelle des adultes).

Mais, les responsables ministériels considèrent souvent l'INRAP comme un bureau d'études de l'administration centrale, alors que les personnels s'engagent avec ardeur dans l'appui aux établissements, collèges et lycées. L'équipe est complétée en 1970 et 1973 par l'arrivée de 5 enseignants-chercheurs, mais ils n'ont qu'un statut de contractuel.

Une nouvelle étape s'engage en 1985 avec l'engagement du Directeur général de l'Enseignement et de la Recherche, Michel Gervais, pour le renforcement du rôle de l'Institut par le développement de la recherche. Il faut saluer ici l'engagement permanent de tous les personnels, soucieux de remplir au mieux les missions qui leur étaient confiées. Ces personnels ont su se remettre en cause, à travers une procédure d'auto-évaluation et d'élaboration d'un projet d'établissement, ce qui est unique dans l'enseignement supérieur agronomique.

Durant 25 ans, le Ministère de l'Agriculture a disposé avec l'INRAP d'un établissement d'enseignement supérieur et de recherche original et novateur. Original, donc difficile à situer au sein de l'enseignement supérieur agronomique et par rapport aux établissements d'enseignement technique ; novateur malgré le fait que son Conseil d'orientation n'ait jamais été mis en place, que son Conseil d'administration très restreint n’ait jamais été renouvelé depuis 1985 et que la DGER n'y soit pas représentée, que ses enseignants-chercheurs soient contractuels et en nombre insuffisant.

Pour autant, il est incontestable que l'INRAP a joué un rôle essentiel dans la préparation et l'accompagnement à partir de 1985 d'une rénovation d'ensemble des formations agricoles4.

Mais, au total, les conditions de définition du budget reflètent bien le fait que la DGER a considéré l'INRAP davantage comme un service extérieur que comme un établissement d'enseignement supérieur et de recherche, l'affectation des moyens se faisant sans définition de priorités à moyen terme et sans critères suffisamment pertinents.

Le premier texte analyse les années de la rénovation qui se sont achevées par la création de l'ENESAD et la disparition de fait de l'INRAP. Puis, sont publiés le projet du premier directeur de l'INRAP, D. Labey et celui du second directeur M. Marchal et de son adjoint, M. Klein.

1 – Boulet, Michel. Petit historique de l'Institut national de Recherches et d'Applications pédagogiques. Dijon. Document de travail. Mars 1995. https://ecoledespaysans.over-blog.com/2015/10/petit-historique-de-l-institut-national-de-recherches-et-d-applications-pedagogiques-dijon.html

2 – Boulet, Michel. Edgard Pisani 1918 – 2016. https://ecoledespaysans.over-blog.com/2021/07/edgard-pisani-1918-2016.html ; voir aussi : Création du pôle dijonnais Avant-projet Louis Malassis 1963. https://ecoledespaysans.over-blog.com/2016/04/creation-du-pole-dijonnais-avant-projet-louis-malassis-1963.html

3 – Boulet, Michel. Si l'ENESAD m'était conté ou Trente ans après . . . Février 2003. https://ecoledespaysans.over-blog.com/2015/10/si-l-enesad-m-etait-conte-ou-trente-ans-apres.html

4 - Boulet, Michel et Dauvisis, Marie-Claire. « Réflexions sur vingt ans de recherche en éducation dans l'enseignement agricole. » In : MARMOZ, Louis, ed. Sciences de l’éducation, sciences majeures. Issy-les-Moulineaux, Éditions EAP, 1991, 191 p. ; p.137-152. https://ecoledespaysans.over-blog.com/2017/10/reflexions-sur-vingt-ans-de-recherche-en-education-dans-l-enseignement-agricole.octobre-1988.html

Un Institut entravé. L'INRAP et la rénovation de l'enseignement agricole.

SOMMAIRE

I. UNE PÉRIODE DE MUTATIONS

1. Rénovation de l'enseignement agricole - 1985-1988

* Mission de recherche

* Mission de formation des personnels

* Mission de documentation et de publication .

* Mission d'expertise

* Mission de coopération internationale

2. Loi d'orientation sur l'éducation et projet d'établissement 1989-1990

3. La construction du projet "ENESAD" - 1990-1993

II. LA MISE EN ŒUVRE DES MISSIONS

1. Recherche

* L'organisation de la recherche

* Les thèmes de recherche

* La politique de recherche

2. Formation

3. Documentation et production de ressources éducatives

* Le CDI de l'INRAP

* Production de ressources éducatives

4. Expertise

5. Mission de coopération internationale

III. LES MOYENS

1. Les personnels

* Direction

* Personnels d'enseignement supérieur et de recherche

* Personnels d'enseignement général et technique

* Personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service

2. Les ressources budgétaires

CONCLUSION

J'ai été chargé des fonctions de directeur de l'Institut National de Recherches et d'Applications Pédagogiques du 18 novembre 1985 au 30 juin 1993.

L'objet de ce rapport est de proposer une première lecture de l'évolution des activités de l'INRAP durant cette période où de nombreux et importants changements ont marqué le système de formation du Ministère de l'Agriculture.

Débutant au moment où se met en œuvre la rénovation des formations conduisant au BTA, ce rapport s'achève avec la disparition de l'lNRAP et la reprise de ses missions par le nouvel Établissement National d'Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon.

Après avoir tracé à grands traits les moments forts de ces années, je m'attacherai à présenter un bilan de la mise en œuvre de chacune des missions confiées à l’Institut avant d'examiner l'évolution des moyens humains et matériels affectés à l'établissement et de conclure sur les acquis de l'expérience de cette institution originale.

Michel Boulet  Dijon, 20 juillet 1993

I UNE PÉRIODE DE MUTATIONS

L'INRAP est un établissement original au sein de l'enseignement supérieur agronomique puisqu'il n'assure aucune formation diplômante et qu'il n'héberge aucune équipe de l'INRA.

Créé, par un simple arrêté ministériel, en août 1966, l'Institut a des missions clairement définies :

"L'INRAP étudie les problèmes posés par l'enseignement dispensé dans les lycées, les collèges, cours professionnels agricoles et établissements assimilés de mêmes niveaux ; il a en particulier pour mission :

1. de rechercher les méthodes pédagogiques propres à développer et à améliorer l'enseignement,

2. de proposer toute mesure tendant à l'adaptation permanente des programmes aux nécessités de la pédagogie et aux besoins du secteur agricole,

3. de participer à la formation pédagogique des professeurs stagiaires,

4. d'organiser des stages pédagogiques à l'intention des personnels en fonctions,

5. de publier tous ouvrages, revues ou documents en rapport avec ses diverses activités".

Inspirés par l'expérience de l'Institut National de Recherche et de Documentation Pédagogiques, les missions assignées à l'INRAP présentent l'originalité de balayer trois champs d'activité qui vont être dissociés pour une grande part à l’Éducation Nationale : la recherche pédagogique, la formation des enseignants, la production documentaire. Cette liaison est d'autant plus forte que les textes fondateurs affirment que la finalité de l'ensemble est le suivi et la transformation des pratiques éducatives en étroite liaison avec les enseignants.

Les objectifs ainsi fixés sont d'importance et Daniel Labey qui fut le premier directeur de l'Institut estime que celui-ci doit élaborer une "véritable doctrine pédagogique", "une morale, une idéologie" pour l'enseignement agricole qui doit ainsi acquérir ses lettres de noblesse1.

L'INRAP développe donc ses activités en relation étroite et permanente avec l'appareil de formation initiale du Ministère de l'Agriculture qu'il s'agisse des établissements publics ou des établissements privés.

Tout changement dans l'enseignement agricole et les institutions en charge de la politique de formation concerne donc directement l'INRAP, et retentit sur ses activités. Entre 1985 et 1993, trois moments importants vont rythmer l'évolution de l'Institut :

- la rénovation de l'enseignement agricole - 1985-1988,

- la loi d'orientation sur l'éducation et le projet d'établissement - 1989-1990,

- la construction du projet "ENESAD" - 1990-1993.

1 – Rénovation de l'enseignement agricole - 1985-1988

Au début des années 80, les changements sont rapides et d'importance, et en observant la situation à la rentrée de 1985, il est possible de noter les transformations suivantes :

- la décentralisation. avec la mise en place de nouvelles relations entre les établissements de formation, l’État et les collectivités territoriales. Ceci se traduit par la création des Établissements Publics Locaux d'Enseignement (EPLE) dont les statuts et le fonctionnement représentent une rupture avec la situation antérieure. La décentralisation engendre également une réforme des services extérieurs du Ministère de 1'Agriculture, la création des Directions Régionales de l'Agriculture et de la Forêt et de leur Service Régional de la Formation et du Développement, les SRFD ;

- la rénovation d'ensemble des formations dispensées par l'enseignement technique agricole, engagée par une vaste consultation nationale durant l'année scolaire l982-1983 et qui aboutit à la rentrée de 1985 à la réforme des enseignements conduisant au Brevet de Technicien Agricole, le BTA ;

- le vote des lois du 9 juillet 1984 organisant la rénovation de l'enseignement agricole public, en précisant et élargissant ses missions, et du 31 décembre de la même année, portant réforme des relations entre l’État et les établissements d'enseignement agricole privés en permettant leur participation contractuelle au service public d'éducation et de formation ;

- le projet de réforme de l'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire conduisant d'une part à la constitution de pôles d'enseignement et de recherche, d'autre part à la création d'un statut unique des enseignants-chercheurs ;

- enfin, la création annoncée par les ministres de l’Éducation Nationale et de la Recherche d'un grand Institut National de Recherche en Éducation et Formation, auquel des structures de recherche rattachées à d'autres départements ministériels pourraient s'associer par l'intermédiaire d'un Groupement d’Intérêt Public.

Des mutations importantes traversent donc l'environnement de l'INRAP, et ses personnels engagent un examen de cette nouvelle situation afin de préciser le rôle de l'Institut et de définir les nécessaires évolutions. Cette analyse leur paraît d'autant plus utile que le directeur de l'Institut arrive à la fin de son second mandat et doit être remplacé. Le moment est donc opportun pour transmettre au Directeur Général des projets pour l'INRAP.

Le Directeur Général et de la Recherche, Michel Gervais, ancien chercheur à l'INRA, estime indispensable de développer les recherches sur l'enseignement agricole afin d'en mieux maîtriser les transformations souhaitables. Ainsi, décide-t-il au printemps 1984, d'organiser un colloque scientifique pour faire le point sur l'ensemble des recherches consacrées à la production et la diffusion des savoirs dans le milieu rural. Intitulé "Enseignements agricoles et formation des ruraux", ce colloque rassemble à Paris en janvier 1985, un millier de personnes qui débattent en ateliers durant trois jours autour de près de deux cents communications.

Membre du Comité scientifique, j'ai pu alors prendre conscience de l'intérêt des différents partenaires (personnels, organisations professionnelles, élus, responsables ministériels et de l'administration, chercheurs, universitaires, ...) pour un développement des recherches sur ce secteur, mais aussi du nombre des domaines encore peu ou pas abordés.

En outre, en novembre 1984, le Directeur Général confie à Daniel Jacobi, maître-assistant à l'INPSA, mission de mettre en place un groupe de recherche en sciences de l'éducation associant les équipes des établissements dijonnais (ENSSAA, INPSA, INRAP) et celles de l'Université de Bourgogne et du CNRS (IREDU).

En novembre 1985, je suis chargé des fonctions de directeur de l'INRAP, devenant ainsi le premier enseignant-chercheur relevant du secteur de la recherche en éducation et formation à prendre la tête de cet établissement.

Dès la première réunion du Conseil d'Administration, je présente aux administrateurs les résultats de la réflexion conduite par les personnels d'enseignement et de recherche sur les missions de l'Institut. Celles-ci ont varié tant en ce qui concerne leur contenu que leur importance respective. Leur redéfinition, acceptée par le Directeur Général de l'Enseignement et de la Recherche, est la suivante :

* Mission de recherche

Elle a deux objectifs : appuyer la rénovation de l'enseignement agricole, anticiper et préparer les nécessaires évolutions futures.

ll s'agit de mettre en œuvre spécifiquement ou simultanément trois catégories d'actions :

- des recherches fondamentales et études sur des thèmes généraux liés au système de formation agricole,

- des recherches appliquées et expérimentales, selon des protocoles établis contractuellement entre les établissements de formation et l'lNRAP,

- des recherches-actions ou suivi d'innovations en liaison directe avec les personnels des établissements dans le cadre de leur service et de leur formation permanente.

* Mission de formation des personnels

Elle est conduite en liaison avec les activités de recherche de l'INRAP et s'adresse à toutes les catégories de personnels de l'enseignement agricole, sous forme :

- de stages de courte durée (3 à 5 jours) à Dijon ou dans les régions,

- de groupes de travail,

- ou par l'association aux recherches, ce qui suppose l'existence de décharges de service pour les personnels concernés.

Les actions de formation concernent les thèmes sur lesquels les personnels de l'Institut ont des compétences spécifiques.

* Mission de documentation et de publication

Elle a pour objectif d'apporter un appui permanent aux activités de formation par :

- la mise à disposition des divers partenaires de l'INRAP d'un centre de ressources documentaires,

- la réalisation, publication et diffusion d'ouvrages, revues et documents imprimés, diapositives, vidéogrammes, didacticiels, ...,

- l'organisation de journées d'études et de colloques.

* Mission d 'expertise

L'lNRAP est appelé à intervenir en qualité d'expert, dans les domaines correspondant à ses missions, par les instances de décision : Ministère de l'Agriculture, autres départements ministériels, Conseils Régionaux,

* Mission de coopération internationale

Elle se traduit par l'accueil de formateurs étrangers dans le cadre de stages ou d'activités de recherche, et l'appui aux échanges et stages organisés par les établissements d'enseignement et de formation professionnelle agricoles (organisation de missions, voyages d'études. coopération scientifique avec des institutions de même nature à l'étranger).

En outre, en réponse au DGER, le Conseil d'Administration donne son accord pour que soit étudiée la création d'un complexe ayant pour objet de favoriser le développement de la recherche sur l'éducation et la formation et réunissant l'INRAP et ses centres associés de Florac (CEP) et de Fouesnant (CEMPAMA), l'ENFA, l'ENSSAA et l'INPSA.

2. Loi d'orientation sur l'éducation et projet d'établissement - 1989-1990

Le deuxième moment important se situe en 1989-1990, époque où diverses décisions sont prises :

- L'adoption de la loi d'orientation sur l'éducation, du 10 juillet 1989, co-signée par le ministre de l'éducation nationale et celui de l'agriculture et applicable à l'enseignement agricole dans le respect des principes définis par les lois de juillet et décembre 1984. Cette loi engage des transformations essentielles pour le fonctionnement du système éducatif :

- la Nation se fixe comme objectif de conduire d'ici dix ans l'ensemble d'une classe d'âge au minimum au niveau du CAP ou du BEP et 80% au niveau du baccalauréat ;

- la formation des enseignants est assurée par des IUFM rattachés à des Universités ;

- les écoles, collèges et lycées doivent élaborer un projet d'établissement définissant les modalités de mise en œuvre des objectifs et des programmes nationaux ;

- le Comité National des programmes formule des avis et propositions sur la conception générale des enseignements, les grands objectifs à atteindre, l'adéquation des programmes et des champs disciplinaires à ces objectifs et leur adaptation au développement des connaissances ;

- le Conseil Supérieur de l’Éducation donne des avis sur les objectifs et le fonctionnement du service public de l'éducation. Il comprend un représentant élu du Conseil National de 1'Enseignement Agricole2.

- Dans le secteur de l'enseignement agricole, les nouvelles orientations se traduisent par :

- la décision de porter la capacité professionnelle agricole au niveau IV (BTA, Bac.) ;

- la remise, en février 1989, au ministre de l'Agriculture, du rapport "L'enseignement agricole à l'horizon 2000" rédigé par un groupe de travail du CNEA présidé par J.L. Boisante et H. Jouve ;

- la réalisation en 1989 sous la responsabilité de l'Inspecteur Général de l'Agriculture, M. Gauthier, d'une mission sur les systèmes de formation initiale et continue des fonctionnaires du ministère de l'Agriculture3 ;

- la création et la mise en place des Conseils Scientifiques dans les établissements d'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire.

Conscient de l'ampleur des changements que ces orientations impliquent, et en réponse à des sollicitations du Conseil d'Administration et du directeur de l'lNRAP, le Directeur Général de l'Enseignement et de la Recherche convoque une session extraordinaire du Conseil d'Administration de l'Institut le 19 janvier 1989 afin de traiter de la situation de l'établissement et de ses centres associés4 et de réfléchir sur le développement de la recherche pédagogique.

Un certain nombre d'éléments du débat, tels qu'ils sont alors précisés par le Directeur Général, méritent d'être rappelés, en raison de leur importance et de leur pérennité :

- L’Institut reçoit de ses divers partenaires, confrontés à une situation en évolution rapide, des demandes multiples qui ne sont pas toujours compatibles les unes avec les autres. L'INRAP a des moyens limités et ne peut répondre à tous. Il faut donc qu'il y ait sur le moyen terme conclusion d'un "contrat de plan" entre l'lNRAP et le Ministère de l'Agriculture précisant les grandes priorités et affectant les moyens nécessaires ;

- Afin d'élaborer ce programme, il est nécessaire d'analyser la situation de départ, d'évaluer l'ensemble des activités de l'Institut, et d'articuler auto-évaluation et évaluation par des experts extérieurs ;

~ Outre la programmation qui assure la cohérence dans le temps, il est indispensable d'assurer une cohérence dans l'espace entre les différentes équipes de recherche pédagogique de l'enseignement supérieur agronomique, mais également avec les équipes de l’Éducation nationale et des institutions étrangères. Cette volonté de cohérence et d'ouverture pourrait se concrétiser par la mise en place de réseaux ;

- Enfin, recherches et expérimentations sont nécessaires pour que l'INRAP puisse répondre aux demandes venues des établissements, des collègues qui attendent les outils leurs permettant de faire face à la modification d'un contenu, à la transformation d'un système d'évaluation ou aux attentes de publics nouveaux. ll faut donc trouver divers mode d'articulation entre les lieux de recherche et des enseignants associés temporairement à ces travaux.

A la suite de cette réunion du Conseil d'Administration l'ensemble du personnel de l'INRAP s'engage dans une démarche d'auto-évaluation. sans pour autant réduire les activités prévues et sans aucune aide méthodologique extérieure. Comme prévu un rapport d'étape est remis au Directeur Général et aux membres du Conseil d'Administration en juillet 1989.

La DGER ne pouvant faire assurer l'évaluation de l'lNRAP par des experts extérieurs, le personnel de l'Institut décide de s'engager dans l'élaboration d'un projet d'établissement. Pour y parvenir, il est fait appel à une aide extérieure, et d'octobre 1989 à mai 1990, Madame Dina Sensi, chercheur à l'Université de Liège (Belgique) organise et enrichit le travail des groupes internes ; elle réalise également des entretiens auprès de divers partenaires extérieurs. Le travail, financé sur le budget de l'INRAP, permet de rédiger un projet qui est validé par l'Assemblée Générale du personnel, puis adopté par le Conseil d'Administration le 8 novembre 1990.

Travail original, puisque c'est le premier projet d'établissement de l'enseignement supérieur agronomique, le projet est transmis au Directeur Général de l'Enseignement et de la Recherche. Il ne fera l'objet d'aucune réaction officielle !

3. La construction du projet "ENESAD" - 1990-1993

Depuis le début de 1989, une double démarche s'est engagée :

- élaboration d'un projet de regroupement des quatre établissements d'enseignement supérieur agronomique dijonnais,

- construction d'un pôle d'enseignement supérieur, de recherche et de développement avec l'Université de Bourgogne et l'lNRA.

Le Ministre de l'Agriculture et de la Forêt, Henri Nallet, lance officiellement cette double démarche le 17 février 1989, lors d'une séance du Conseil d'Administration de l'Université de Bourgogne.

Le regroupement des établissements supérieurs agronomiques est conçu d'emblée comme ouvert largement vers l'extérieur, acteur de la création, en étroite collaboration avec l'Université de Bourgogne et l'INRA, d'un pôle dijonnais d'enseignement supérieur et de recherche à vocation internationale.

Après consultation dans chacun des établissements et concertation entre leurs directeurs et le Directeur Général de l'enseignement et de la recherche, les quatre conseils d'administration sont réunis le ll mai 1990, en séance commune. sous la présidence du Directeur Général. Accord est donné pour que s'engage la réflexion sur le projet de regroupement.

Le 15 juin 1990, la venue du Ministre de l'Agriculture et de la Forêt conclut cette première étape. En effet, le Ministre :

- préside à la signature de la convention cadre entre l'Université de Bourgogne, l'INRA et les quatre établissements agronomiques. Par cette convention, les partenaires "s'engagent, sans exclusivité de collaboration ou d’association, à rechercher et mettre en application tous les moyens propres à développer les collaborations, tant pour la formation que pour la recherche, en vue de renforcer les compétences de la Bourgogne dans le domaine des Sciences de l'alimentation et du développement rural".

- officialise la création de l'Institut Supérieur Agronomique et Agro-Alimentaire de Dijon, l'ISAD, complexe réunissant l'ENITA, l'ENSSAA et l'INRA.

- annonce qu'il souhaite le regroupement des quatre établissements d'enseignement supérieur et de recherche en un établissement unique qui devra affirmer son excellence dans des domaines spécifiques.

C'est le début officiel du travail de réflexion et des nombreux débats qui vont conduire à la création de l'ENESAD le 1er juillet 1993.

 

II LA MISE EN (ŒUVRE DES MISSIONS

Ayant rapidement cerné les grandes étapes de l'évolution de l'INRAP depuis 1985, je m'attacherai à présenter un bilan pour chacune des missions de l'Institut, avant d'examiner l'évolution des moyens humains et matériels mis à disposition de l'Institut.

1 RECHERCHE

J'étais chargé de développer la mission de recherche en prenant les fonctions de directeur de l'Institut. Dès la première réunion du Conseil d'Administration j'ai donc présenté, à la demande du Directeur Général de l'Enseignement et de la Recherche, un projet de "complexe national" réunissant les écoles et instituts du Ministère de l'Agriculture assurant des recherches en éducation. Perçu comme une véritable superstructure susceptible de peser sur les établissements concernés, ce projet ne sera pas adopté par les équipes de recherche.

L'organisation de la recherche

Jusqu'en 1988, un programme de recherches et d'expérimentations pédagogiques est élaboré après concertation entre la DGER et les Écoles et Instituts ; il est ainsi possible de définir les priorités, d'affecter des moyens et d'assurer les coordinations entre les équipes. Ce programme est publié avec le programme des actions de formation continue des personnels de la DGER, permettant ainsi à l'ensemble des personnels de l'enseignement agricole d'être informé.

Il faut mettre en évidence le paradoxe de la situation de l'INRAP : Institut National de Recherche, il ne dispose d'aucun crédit venant de la ligne recherche du budget de l’État.

La réalisation des recherches et expérimentations est soumise aux aléas des crédits déterminés annuellement en matière de fonctionnement et de frais de déplacement. Aucune solution concrète ne permet de développer l'association d'enseignants aux expérimentations (décharges horaires, crédits de vacations, ...).

Le besoin de coordination se fait chaque année plus pressant. Cependant, malgré la demande du Directeur Général, la mise en réseau des équipes de recherche en éducation du Ministère de l'Agriculture ne se réalise pas. Fin 1987, une nouvelle tentative est faite par le Directeur général pour donner une plus grande cohérence aux recherches et expérimentations pédagogiques. Il confie au directeur de l'lNRAP la mission d'élaborer un document présentant l'ensemble des actions de recherche, d'expérimentation pédagogique et de production documentaire conduites au sein du Ministère de l'Agriculture, quelque soit l'origine du financement. Il envisage, sur la base de ces informations, de "retenir. pour leur accorder un financement dans les limites des contraintes budgétaires. un certain nombre de ces actions qui apparaîtraient utiles au développement ou à l'adaptation de l'appareil de formation agricole".

Le document, élaboré avec l'aide des équipes de l'ENFA, de l'ENSSAA, de l'INPSA et de l'INRAP, ne sera pas diffusé parce que la DGER ne rendra pas d'arbitrage sur ce programme national.

Au même moment une nouvelle procédure apparaît, l'appel d'offre "formation par la recherche" de l'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire. Élaborée par la DGER en relation avec le Ministère de la Recherche et celui de l’Éducation Nationale, cette politique se concrétise par le lancement d'un programme pluriannuel de financement de projets de recherche par appels d'offres. Ce programme est financé par des crédits du budget civil de la recherche et du développement (ligne "formation par la recherche") gérés par la DGER. Le domaine de la recherche en éducation et formation y demeure marginal.

Il résulte de la disparition du programme national de recherches et expérimentations pédagogiques un manque d'information des personnels travaillant dans les établissements d'enseignement technique et ceci accentue la coupure relative avec l'INRAP qui a été mise en évidence lors du travail d'élaboration du projet d'établissement de l'Institut 5. C'est pourquoi les personnels de l'INRAP décident en septembre 1991 de diffuser largement le n°100 de la série "Document INRAP" consacré à une présentation du "Programme d'activités 1991-1992" de l'Institut.

Le Conseil Scientifique commun à l'INPSA et a l'INRAP, créé par arrêté ministériel du 8 novembre 1989, ne se réunit pour la première fois qu'à la fin de 1990 pour contribuer à la définition de la politique pluriannuelle de recherche des deux établissements.

En ce qui conceme le potentiel de recherche de l'Institut, il convient de noter qu'une des difficultés du développement de la recherche est l'insuffisance du nombre d'enseignants-chercheurs affectés à l'Institut par rapport au nombre d'ingénieurs et de professeurs du secondaire. A l'origine, il était prévu un ratio de l pour 4 ; à la fin de 1992, il n'était que de 1 pour 10 environ.

Cependant, il est intéressant d'observer que des ingénieurs et professeurs ont décidé d'améliorer leur qualification en matière de recherche en éducation, ainsi depuis 1989 :

2 collègues ont soutenu une thèse en sciences de l'éducation,

2 autres le feront prochainement ;

5 collègues ont obtenu leur DEA,

et 6 sont engagés dans un parcours universitaire de formation devant aboutir a une thèse.

Les thèmes de recherche

Durant l'année 1985-1986, l'essentiel des activités de l'Institut est consacré à la conduite de 6 expérimentations engagées depuis 1983 et préparant la rénovation des différents niveaux de formations. Ces expérimentations, définies par des arrêtés ministériels, s'effectuent avec la participation de 56 équipes d'établissement ce qui montre l'ampleur des travaux réalisés.

Elles concernent :

- le contrôle continu en 4e et 3e préparatoires aux métiers de l'agriculture,

- le CAPA par Unités de Contrôle Capitalisables,

- l'adaptation aux réalités régionales des formations BEPA et BTA,

- les formations BTS par Unités de valeur,

- l'écologie et l'éducation à l'environnement,

- la valorisation des exploitations des établissements d'enseignement.

En outre, sont conduites deux recherches-action sur :

- la vie scolaire et le fonctionnement des établissements,

- la sensibilisation des élèves aux réalités du Tiers-Monde.

Une étude commandée par la DGER a pour objet d'évaluer l'impact du livret scolaire expérimental de BTA pour la promotion 1984-1986.

Enfin, une étude sur les pédagogies de l'alternance est arrivée à son terme, tandis qu'une autre sur les savoirs professionnels est suspendue par manque de disponibilité des équipes, alors qu'il s'agit d'un thème essentiel pour l'enseignement agricole : connaître ces savoirs, leur nature, leurs modes d'élaboration, de transmission et d'appropriation.

Les besoins d'accompagnement de la rénovation font émerger de nouveaux thèmes de recherche et d'expérimentation. à partir de 1988. Il s'agit notamment de la rénovation de l'apprentissage. avec la mise au point expérimentale d'un plan de formation de formateurs, et du développement des formations par Unités Capitalisables conduisant au CAPA et au BEPA. Par ailleurs. l'lNRAP coordonne la conception d'un dispositif de formation à l'évaluation des formations par la voie scolaire. Réalisé sous forme de recherche-action, ce travail a pour but de faciliter l'extension des procédures d'habilitation au contrôle en cours de formation pour les filières CAPA, BEPA et BTSA. Il se traduit également par la conception d'une mallette pédagogique dite "EVA BEPA".

La politique de recherche

Le projet d'établissement réaffirme en 1990 la politique de recherche de l'Institut. La recherche pédagogique conçue comme ayant vocation à se saisir de tous les problèmes posés par un système de formation, n'est pas dissociée ni dissociable de la formation des personnels et de la production de documents à destination des praticiens.

Cette conception se concrétise dans la définition de 6 unités de projet constituées autour d'axes de travail distincts :

- la dynamique des systèmes de formation et des projets d'établissement,

- les acteurs de l'enseignement technique agricole ; pratiques. identités et stratégies,

- l'évaluation des qualifications ; adaptation des dispositifs de formation et d'évaluation,

- l'élève apprenant,

- information et communication, media, nouvelles technologies en formation (les outils

de la formation, du formateur, du formé).

- l'apprentissage.

De 1990 a 1992, les travaux de recherche de 1'Institut se situent dans les domaines suivants :

- la (les) didactique(s) des savoirs professionnels, la pédagogie de projet, l'évaluation des compétences,

- l'apprentissage (pédagogie de l'alternance. formation des formateurs et des tuteurs),

- le fonctionnement du système de formation agricole : de l'établissement au niveau national (les institutions, les acteurs. les pratiques, ...),

- la conception d'outils de formation, l'utilisation des média, des nouvelles technologies dans la formation.

Il s'agit bien de recherches finalisées, comme je l'ai rappelé lors de la réunion commune des Conseils Scientifiques des quatre établissements dijonnais en avril 1992. Ces recherches finalisées ont pour objectif d'améliorer le fonctionnement et les résultats du système de formation agricole et pour cela les équipes de l'Institut sont amenées à :

- produire des connaissances sur ce système (évaluation, compréhension des processus),

- utiliser les acquis de la recherche en éducation,

- utiliser les acquis des recherches dans les sciences du vivant.

- assurer les transferts de ces acquis dans la formation des enseignant, l'ingénierie pédagogique, l'expertise.

* *

Durant ces huit années. les relations avec les partenaires extérieurs se sont développées, avec, dès 1986, la signature d'une convention de coopération avec 1'INRP. puis avec 1'Université Paris V - Équipe de Recherche "Sociologie de l’Éducation" associée au CNRS. D'autres suivront avec un mouvement pédagogique, le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN). l’Institut de Formation de l'Enseignement Agricole Privé (IFEAP). Les relations scientifiques se renforcent avec l'Université de Louvain La Neuve (Belgique) dont le Professeur J.M. de Ketele est membre du Conseil scientifique de l'INRAP, l'Université de Liege (Belgique), Service de Développement et d’Évaluation de programmes de formation, les Universités de Laval et de Sherbrooke (Canada), ….

Les membres de l'INRAP participent activement à des colloques, où ils présentent régulièrement des communications (13 colloques en 1986, 41 en 1991, 26 en 1992), ce qui se traduit dans des publications scientifiques qui passent de 35 en 1986 à 70 en 1992. Certains personnels ont également été membres du Comité Scientifique ou du Comité d'organisation de plusieurs colloques.

Cette insertion dans la communauté scientifique se traduit aussi dans la participation à des associations de spécialistes.

Enfin, sur le plan local, l'équipe INRAP a fortement contribué à l'élaboration, avec l'Université de Bourgogne, d'un projet de pôle de Recherche et d'Enseignement inscrit en 1993 au projet de Contrat de Plan État-Région. Intitulé 2AFE, pour Acquisitions, Apprentissage, Formation, Éducation, ce pôle réunit 3 thèmes de recherche :

- Évaluation des performances et potentialités des individus, des organisations et des institutions de formation,

- Conception de cursus disciplinaires ou généraux concernant des apprentissages spécifiques ou non, d'outils de diagnostic, d'outils d'intervention,

- Conception, organisation et évaluation de formations de formateurs : de l'ingénierie au conseil en formation et en organisation.

Des membres de l'Institut interviennent dans des formations de 3e cycle conduites avec des équipes de l'Université de Bourgogne, l'IREDU pour le DEA "Évaluation dans les systèmes éducatifs" et le LEAD pour le DESS "Conseil en formation".

Durant la période 1985-1993, l'INRAP a incontestablement assuré avec succès sa mission de recherche, malgré les difficultés diverses qui ont pesé sur ces actions. L'équipe, reconnue nationalement et internationalement. est aujourd'hui en mesure de participer activement à la vie scientifique de l'ENESAD. Installé en 1990, réuni avec difficulté en raison de l'engagement professionnel important de ses membres extérieurs, le Conseil Scientifique n'a pu conduire à terme l'évaluation des acquis de recherches achevées, préalable à une définition précise de la politique scientifique de l’Institut.

2 LA FORMATION

Cette mission destinée à toutes les catégories de personnel de l'enseignement agricole est conduite en liaison avec les activités de recherche et de production de documents pédagogiques. Les actions de formation permettent de diffuser les résultats des recherches ou accompagnent la mise en place des rénovations. Les stages sont, après examen et confrontation avec le cahier des charges établi par la DGER, inscrits dans le programme des actions de formation des personnels de la DGER, ce qui permet leur financement et la prise en charge des stagiaires.

Les actions de formation sont répartis, de façon schématique, en trois catégories :

- les stages nationaux, dits stages N, de courte durée (3 à 5 jours) à recrutement national, se déroulant à Dijon ou dans les régions ; il existe également des stages N de plus longue durée, avec plusieurs regroupements et travail durant les intersessions,

- les actions de formation par la recherche, où les personnels associés à la recherche-action acquièrent une formation non seulement lors des regroupements, mais également sur le terrain, avec les personnels de l' établissement ou les élèves, lors de la venue du responsable de la recherche ; il existe également des groupes de travail élaborant des documents pédagogiques,

~ les actions d'accompagnement des rénovations, et notamment les sessions nationales ou interrégionales regroupant un grand nombre de participants (de 50 à 150).

Jusqu'en 1986, les programmes de formation étaient organisés par année scolaire. A partir de cette année là, deux changements importants interviennent : la programmation s'effectue par année civile. et les crédits de formation sont régionalisés pour ce qui concerne les frais de déplacement. Maîtrisant mal les nouvelles procédures, les chefs de SRFD refusent alors de nombreuses candidatures. ce qui entraîne 1'annulation de nombreux stages nationaux : pour l'INRAP, 15 sur 24 au dernier trimestre 1985 et 8 sur 15 en 1986. Ceci explique qu'il n'y ait que 425 journées-stagiaires assurées en 1986 contre plus de 1 000 l'année précédente et 1 600 en 1987.

Cet exemple illustre bien les aléas auxquels l'INRAP est confronté pour garder une maîtrise suffisante de sa politique de formation. Il ressent en 1985 et 1986 un affaiblissement de ses liens avec les enseignants qui s'inquiètent de "ne plus voir l'lNRAP".

A partir de 1988. les actions de formation touchent un public plus important avec la mise en place de sessions d'accompagnement de la rénovation, qui concerne alors l'apprentissage. Ces sessions représentent 42% des journées-stagiaires assurées sous la responsabilité de l’Institut en 1988, et 66% en 1989.

 

Actions de formation 1985 - 1992

 

 

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

 

Stages N

Nombre de sessions

23

7

32

15

28

25

38

56

Nombre de personnes

370

187

412

241

417

307

395

628

Nombre de journées-stagiaires

1072

425

1590

1037

1792

1382

1611

2785

 

Formation par la recherche

Nombre de sessions

38

48

55

44

25

17

10

11

Nombre de personnes

282

455

298

249

120

37

26

56

Nombre de journées-stagiaires

928

1501

1175

1034

503

218

137

235

 

Accompagnement de la rénovation

Nombre de sessions

-

-

-

27

33

29

27

43

Nombre de personnes

-

-

-

440

1293

1198

616

1759

Nombre de journées-stagiaires

-

-

-

1527

4473

4293

3369

5335

 

Ensemble

Nombre de sessions

61

55

87

86

86

71

75

110

Nombre de personnes

652

642

710

930

1830

1542

1036

2443

Nombre de journées-stagiaires

2000

1926

2765

3598

6768

5893

5117

8355

 

Cet important accroissement est consécutif à la réussite de l'expérimentation de modules de formation à la mise en œuvre du contrôle en cours de formation dans les filières BEPA. Conduite en collaboration avec l'ENFA et l'Inspection pédagogique durant l'année 1988, l'expérimentation a représenté la réalisation de 5 sessions de 3 jours regroupant 225 personnes.

A partir de 1989, contrairement à ce qui était prévu, l'INRAP garde la responsabilité de ces sessions, ce qui retentit sur les autres actions de formation et notamment sur la formation par la recherche dont la part diminue rapidement.

En effet, pour améliorer l'accompagnement de la rénovation, un relais par les régions avait été programmé, ceci grâce à la formation en 1989 et 1990 de "personnes-ressources", mais le statut de celles-ci n'ayant pas été clarifié dans les régions, elles n'ont pu devenir opérationnelles. De fait, l'lNRAP a dû continuer à organiser ces sessions, qui ont représenté en 1992, 64% des journées-stagiaires assurées par l'Institut, avec une forte participation d'enseignants du privé (32% des journées-stagiaires).

Les stages N voient leur nombre varier selon l'offre formulée par 1'Institut et les demandes de la DGER, de 1037 journées-stagiaires en 1988 à 2 785 en 1992. Les interventions faites à la demande des régions (GRAF) ont diminué en nombre, conséquence d'un certain relâchement des liens avec 1'INRAP mais aussi de leur volonté de trouver sur place les capacités de formation (Université, MAFPEN, etc.).

En ce qui concerne la formation par la recherche, on observe une nette diminution du nombre des expérimentations et des recherches-actions : 1 500 journées-stagiaires et 455 personnes impliquées en 1986, 235 journées-stagiaires et 56 personnes en 1992. Cependant, certains travaux sont financés par des conventions de formation par la recherche :

- de 1988 à 1991 sur systèmes de formation et alternances.

- de 1989 à 1992 sur la didactique de la biologie.

- de 1993 à 1995 sur la didactique des savoirs professionnels.

L'INRAP est donc toujours fortement mobilisé par cette mission de formation, en particulier pour répondre aux demandes de la sous-direction en charge de l'enseignement technique. Mais il n'y a pas de programmation globale de ces demandes couvrant l'ensemble des catégories d'action de formation, ce qui rend difficile le maintien d'un indispensable équilibre ne sacrifiant pas la formation par la recherche. L'importance des sessions d'accompagnement des rénovations a d'ailleurs conduit le Conseil d'administration a manifesté à plusieurs reprises son inquiétude à ce sujet.

En ce qui concerne le secteur de l'apprentissage, les besoins d'appui sont également élevés, mais les actions sont définies par une convention pluriannuelle conclue entre l'INRAP et la DGER, ce qui permet de mieux articuler expérimentations et sessions de formation.

3 DOCUMENTATION ET PRODUCTION DE RESSOURCES ÉDUCATIVES

La mission de production documentaire se réalise sous deux formes principales :

- mise à disposition des personnels et des partenaires de l'Institut d'un centre de ressources documentaires et travail en réseau avec les CDI des établissements d'enseignement agricole,

- réalisation, édition, publication et diffusion de ressources éducatives sur des supports variés (écrit, audiovisuel, informatique) pour les formateurs et/ou les élèves, étudiants et stagiaires.

Le CDI de I'INRAP

De 1986 à 1992, le fonds documentaire est passé de 11 000 à 13 800 ouvrages, avec une part importante pour les ouvrages consacrés aux sciences de la formation. Le CDI est également abonné à 220 revues.

En permanence les personnels de documentation organisent leurs activités pour répondre à la fois aux besoins de l'Institut et à ceux des partenaires extérieurs : étudiants et enseignants des établissements agronomiques dijonnais, de l'Université de Bourgogne, mais aussi des établissements d'enseignement agricole sur l'ensemble du territoire.

Ceci se traduit par

- le traitement de l'information contenue dans les documents acquis, qui alimente un fichier matières dont l'informatisation a été réalisée à partir de 1989. Afin de prendre en compte les spécificités des informations utilisées dans l'enseignement agricole, les documentalistes de l'INRAP ont piloté la conception et la réalisation du thésaurus THEA, achevé en 1985. Régulièrement remis à jour, sa 5e édition, élaborée en coopération étroite avec le CNDP, sera disponible à la fin de 1993,

- la diffusion de l'information et la réalisation de produits documentaires, par exemple des bibliographies. Le CDI alimente également, dans le domaine des Sciences de l’Éducation, le fichier FRANCIS de l'1nstitut de l’Information Scientifique et Technique, INIST-CNRS,

- le prêt de documents : la plupart des périodiques reçus à l'lNRAP sont dans le catalogue collectif national de périodiques et par conséquent, le CDI de l'Institut pratique le prêt inter-bibliothèques y compris avec l'étranger.

De plus, le CDI participe directement à des actions de nature pédagogique :

- le suivi, depuis 1986, de l'informatisation des CDI des établissements d'enseignement technique agricole public et de la mise en place des réseaux de dépouillement partagé des périodiques. Un stage permet chaque année de faire le point et de réaliser les adaptations nécessaires,

- le suivi, à partir de 1991, du fonctionnement du réseau documentaire destiné à l'IUFM de Dijon. Ce réseau regroupe le CDRP, l'INRAP, la bibliothèque universitaire de Dijon, le CPR et les ex-écoles normales de Bourgogne,

- la participation à la production de documents pédagogiques,

- la formation et le perfectionnement des personnels de documentation par l'animation de stages ainsi que des interventions dans les GRAF, et, depuis la création du corps, la participation active à l'élaboration des sujets et aux jurys relatifs aux concours de recrutement des professeurs de lycée professionnel 2e grade, option "documentation".

Production de ressources éducatives

L'existence d'une imprimerie intégrée a permis à l'lNRAP de réaliser, dès sa création, divers documents pour l'enseignement agricole tout en assurant l'impression et la diffusion de publications pour le compte de la DGER. Cette double mission du Service d'Édition et de Diffusion (SED) a eu des conséquences contradictoires : d'une part l'affectation de moyens financiers et humains dépassant les besoins propres de l'Institut, mais d'autre part un contrôle étroit par la DGER qui à partir du budget de 1980, définit la part de la subvention globale revenant au SED, c'est-à-dire principalement les crédits de fonctionnement de l'imprimerie.

La politique de la DGER à l'égard du SED n'a jamais été définie clairement. Les moyens ont varié fréquemment. comme en témoignent le non remplacement du chef d'atelier parti à la retraite en 1986, et la baisse de la subvention de fonctionnement depuis 1990, alors que le matériel d'impression devait être remplacé. Cela s'est traduit au niveau de la production : en 1989. il y a eu près de 3,9 millions de pages imprimées dont 1,3 pour la DGER, en 1992, il n'y a eu que 2,6 millions de pages imprimées dont 700 000 pour la DGER.

Depuis plusieurs années, les productions documentaires de l'INRAP se sont diversifiées : outre des documents écrits. l'Institut a réalisé depuis plusieurs années, des productions audiovisuelles et des logiciels informatiques, dans le souci d'adapter les produits à l'évolution des demandes.

Issues de groupes de travail spécifiques, ou conçues à partir d'activités de formation ou de résultats de recherche, les productions de l'Institut sont destinées à des publics variés, y compris à l'extérieur de l'enseignement agricole. Les besoins sont importants car les manuels scolaires, les documents spécifiques à l'usage des élèves de l'enseignement agricole sont rares : la plupart des éditeurs ne voient pas là, en effet, un potentiel de diffusion suffisant pour développer de tels projets. L'Institut doit donc contribuer activement à pallier cette carence. La création, à la fin de 1985, de la collection INRAP aux Éditions Foucher répond en particulier à ce besoin et la qualité des ouvrages publiés permet d'atteindre de nouveaux publics.

Deux contraintes importantes limitent le développement de la mission de production :

- D'une part, une grande disponibilité est nécessaire pour les auteurs ou coordinateurs de production, pour réaliser des ouvrages ou documents de qualité, réellement accessibles dans leur langage et leur forme aux destinataires prévus. Cette tâche doit être considérée comme essentielle. Des décharges de service plus importantes attribuées à des collaborateurs issus des établissements sont nécessaires pour que cette tâche de conception se développe afin de répondre encore mieux aux besoins du système de formation,

- D'autre part, assurer l'édition et la diffusion de productions documentaires suppose, aujourd'hui, un service particulièrement performant et équipé pour permettre une promotion efficace des produits réalisés. Il y a là, de nouvelles tâches de marketing auxquelles un établissement public d'enseignement supérieur n'est pas vraiment préparé. Un nouvelle structure est à imaginer, en s'appuyant sur l'expérience du Service d’Édition et de Diffusion.

Les rénovations en cours et leur généralisation, la décentralisation des formations exigent que l'INRAP modifie ses modes d'intervention en formation. Pour accompagner les rénovations, il faut réaliser des outils pédagogiques utilisables par les formateurs au niveau régional ou par les enseignants ou élèves en établissement. Il devient nécessaire de concevoir des outils pour l'autoformation et l'enseignement à distance, en appui au développement des formations en cours d'emploi et par alternance. La diversification des supports d'information impose également une diversification des formes de production.

Les productions de l'INRAP ont évolué depuis 1986. Le Bulletin INRAP qui était adressé aux CDI des établissements publics a été suspendu en 1988 car il ne correspondait plus, semble-t-il, aux attentes des enseignants.

La conception d'ensemble de la production a fait l'objet d'une nouvelle définition. On distingue :

* Les Documents INRAP, série tirée à l 500 exemplaires et envoyée aux CDI des établissements publics.

Parmi les documents les plus vendus :

- BTA : modalités d'opérationnalisation et d'évaluation des modules de qualification.

- Filières de produits agricoles.

- Le raisonnement économique des décisions de l'agriculteur : 30 mots-clés relatifs à l'analyse économique de l'exploitation et à la gestion.

- Microscopie électronique : quatrième tirage, 11 500 exemplaires vendus.

- Un document spécial, diffusé également par les éditions Foucher, l'Approche Globale de l'Exploitation Agricole déjà vendu à 2 000 exemplaires avec un deuxième tome prévu début 1994 De l'approche globale au diagnostic global.

* La série "A propos" créée fin 1990, et tirée à 500 exemplaires propose des éléments de connaissance et de réflexion issus des actions de l'INRAP ou de ses partenaires, et peu disponibles jusque là, présentés dans trois catégories :

- Expérimentations et recherches,

- Notes et études,

- Documentation.

En 1986 a été créé, avec l'appui du Service d'histoire de l'éducation de l'INRP, une revue scientifique originale, les “Annales d'histoire des enseignements agricoles" dont le n° 4-5 est paru en 1993, tiré à 600 exemplaires.

La collection INRAP aux Éditions Foucher a vu le jour à la fin de 1985, après des contacts avec différentes maisons d'édition. Le premier ouvrage de la collection a été "Lectures du paysage" sous la direction de M. Zweyacker. Puis la collection a été plus précisément définie et 6 ouvrages ont été publiés dans le domaine des productions animales. Chaque ouvrage est tiré à 6.000 exemplaires vendus en 3 ou 4 ans. "Amélioration génétique" a connu une deuxième édition.

Un changement de direction survenu brutalement aux Éditions Foucher a conduit à une tentative de remise en cause des règles contractuelles, la nouvelle direction estimant que l'étroitesse du marché potentiel ne lui permettait pas d'obtenir des résultats financièrement intéressants. Après le succès en 1992 de "Nutrition et alimentation des animaux d’élevage" (500 exemplaires de chaque tome vendus en 3 mois), les Éditions Foucher proposent maintenant de réaliser des coéditions.

Outre les productions écrites, l'INRAP a conçu et diffusé des ressources éducatives faisant appel à d'autres supports :

- des séries de diapositives dans les domaines de l'horticulture, de l'écologie, de la zootechnie,

- des vidéogrammes sur le secteur de l'apprentissage, la communication, l'usage de l'audiovisuel,

- des didacticiels : "Blé 2000", "Des nitrates en trop".

- des mallettes multimédia : EVA-BEPA, CAPA-UC.

Il convient de noter que depuis 1986, l'lNRAP est par convention diffuseur de documents conçus par ou/avec l'lNRA et que ce secteur devrait se développer dans les prochaines années.

4 EXPERTISE

Cette mission résulte de la reconnaissance de la qualité des travaux menés par l'INRAP depuis sa création et de la volonté de prendre en compte des acquis de la recherche en éducation dans les décisions et réalisations d'organismes variés.

Diverses institutions publiques et privées relevant de ministères différents font appel à l'INRAP, pour procéder à l'examen de projets ou, collaborer à des groupes de travail selon les compétences reconnues à l’Institut ou à ses personnels chercheurs et enseignants. Ces contributions prennent différentes formes.

C'est dans le cadre de groupes de travail et de comités de pilotage des sous directions POFIC (Politique des Formations Initiale et Continue) ou DEFOP (Développement des formations professionnelles) de la DGER du Ministère de l'Agriculture que l'expertise de l'INRAP est naturellement le plus régulièrement sollicitée, en particulier pour toutes les décisions liées à la préparation, la mise en place ou l'accompagnement des rénovations. Les groupes de travail pour la rédaction des programmes pilotés par l'Inspection Pédagogique, font également appel à l'INRAP pour intégrer les acquis des expérimentations dans les programmes rénovés.

Certains établissements de formation et certaines régions ont sollicité des personnels de l'INRAP en qualité de consultants ou d'experts pour la mise en œuvre de certains projets : audits d'établissement, aménagements de locaux et projets d'établissement, etc.

De façon régulière ou ponctuelle, des organismes ou institutions divers font appel aux compétences des membres de l'INRAP : Ministère de l'Agriculture et autres départements ministériels (Ministère de l’Éducation Nationale, Ministère de l'Environnement, Ministère de la Culture, Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat) ; organismes professionnels agricoles (APCA, FNASAVPA), ou Conseils Régionaux ; institutions internationales : Conseil de l'Europe. Communauté Européenne (DG 11).

L'expertise de l'INRAP en matière d'éducation est également reconnue par le Conseil National de l'Enseignement Agricole qui a désigné le Directeur de l'Institut pour siéger en son nom au Conseil Supérieur de l'Éducation mis en place en application de la loi d'orientation sur l'Éducation du 10 juillet 1990, et par la Commission de la République Française pour l'UNESCO qui l'a élu au comité de l'Éducation et de la Formation.

Enfin, cette expertise est reconnu dans le champ de la recherche en sciences de l'éducation : participation à des jurys de thèse, réseau de recherches en didactiques des disciplines, en sociologie de l'éducation, en évaluation ou participation au Comité de Rédaction de la revue internationale Mesure et Évaluation en Éducation.

La place de cette mission dans les activités de l'Institut est paradoxale. Elle est le signe de reconnaissance sociale du travail accompli, mais elle n'est pas toujours facile à intégrer dans des emplois du temps déjà fort chargés dont elle perturbe parfois les prévisions. De plus, pour que l'expertise puisse être fondée, il est indispensable qu'elle s'appuie sur des travaux de recherche solidement étayés.

On observe que cette mission s'est beaucoup développée au sein de l'Institut depuis le début des années 80, ce qui va de pair avec une meilleure connaissance des travaux réalisés par l'INRAP. Mais cela exige un travail de régulation, d'information et d'animation interne important. Il convient, en effet, de veiller à ce que les activités menées à ce titre, par des individus ou des groupes, ne soient pas en contradiction avec les orientations de l'Institut auquel ils appartiennent. Le développement de cette mission dépend de la qualité des actions menées pour répondre aux autres missions. La capacité d'expertise est, certes, l'aboutissement de la recherche mais, elle l'alimente également par ses questionnements.

5 MISSION DE COOPÉRATION INTERNATIONALE

La loi du 9 juillet 1984 a confié aux établissements d'enseignement supérieur public, la mission de concourir à la mise en œuvre de la politique de coopération technique et scientifique internationale. L'INRAP développe depuis longtemps des activités en ce domaine en s'appuyant sur les acquis de ses différents travaux. Cette mission apparait, ainsi, comme transverse aux quatre autres.

Deux composantes peuvent être distinguées dans l'action de l'Institut en matière de coopération internationale :

- des activités de recherche, formation et/ou expertise conduites sur le plan international,

- des travaux pour permettre à l'enseignement technique agricole de donner une ouverture internationale à ses formations.

Bien évidemment, ces composantes ne sont pas dissociées, elles s'enrichissent mutuellement

* Les activités internationales de I'INRAP sont variées et elles connaissent un important accroissement depuis quelques années.

Les compétences et la capacité d'expertise des enseignants et chercheurs sont régulièrement mises à contribution pour l'accueil de visiteurs ou de stagiaires étrangers soit à 1'initiative de la DGER, soit dans le cadre d'échanges impulsés par l'Institut. Des organismes internationaux font également appel à l'lNRAP, UNESCO, Conseil de l'Europe, tant en ce qui concerne la formation des personnels de l'enseignement technique que l'éducation à l'environnement.

Ces rencontres, ces interventions comme expert, favorisent les échanges de publications et conduisent dans un certain nombre de cas. à un développement de relations régulières

Cette volonté grandissante d'échanges scientifiques entre équipes de différents pays a conduit, ces derniers temps, à la création de réseaux à laquelle l'INRAP a activement participé.

Ainsi, le Réseau Européen Interuniversitaire de Formation des Enseignants Agricoles, REIFEA a été fondé à Dijon, en avril 1990. L'Institut assure l'animation de la commission consacrée au rôle de la recherche en éducation dans la formation des enseignants. Des échanges de productions documentaires sont réalisés avec des institutions du Réseau, et des stages de formation sont ouverts aux collègues étrangers ou organisés spécialement à leur demande. (Enseignants de Suisse romande ou des Pays Bas).

De même, le directeur de l'INRAP et des enseignants-chercheurs ont contribué à la constitution du Réseau Francophone de Recherche en Éducation et Formation, le REF, réseau international dont l'objectif est de renforcer les relations entre équipes de recherche.

L'INRAP assure l'animation du réseau des établissements d'enseignement secondaire et supérieur, public et privé, coopérant avec les pays de la CEI (issus de l'ex URSS).

Dans le cadre de ses activités de recherche. l'Institut participe à la vie de la communauté scientifique internationale, en particulier, par des communications lors des colloques. C'est le cas notamment, dans les domaines de l'éducation à l'environnement, des didactiques, de l'agronomie, de la sociologie de l'éducation, de l'utilisation pédagogique de l’informatique et de l'évaluation en éducation. C'est d'ailleurs lors d'un colloque tenu à 1'lNRAP en septembre 1986 que s'est créée, pour l'Europe, l'Association pour le développement des Méthodologies d'évaluation en Éducation, ADMEE, liée à 1'association canadienne du même nom et éditant une revue commune.

Des relations bilatérales permettent également à l'INRAP de bénéficier des compétences de collègues étrangers, c'est le cas notamment avec les équipes de l'Institut Romand de Recherche et de Documentation Pédagogiques de Neuchâtel (Suisse), de l'Université Laval de Québec (Canada), de l'Université de Louvain-la-Neuve (Belgique), de l'Université de Liège (Belgique), du Service de la Recherche Sociologique de Genève (Suisse), de l'Université de Genève (Suisse). Depuis des années, ces équipes ont apporté des contributions de grande qualité aux travaux de l'INRAP. Récemment des conventions ont été conclues avec le STOAS de Wageningen (Pays-Bas) et l'Académie d'agriculture Timiriazev de Moscou (Russie).

La construction de la CEE comme les transformations politiques économiques et sociales que connaissent les nations d'Europe centrale et orientale, ont donné une dimension plus grande à ces actions internationales. Elles contribuent, d'une part, à éclairer les travaux menés dans le système de formation agricole français et, d'autre part, à faire connaître et apprécier celui-ci.

Des départements ministériels étrangers sont ainsi conduits à solliciter l'intervention d'experts français pour aider à la transformation de leur propre système de formation agricole et des membres de l'INRAP sont amenés à effectuer des missions, à la demande de la DGER. Ces missions peuvent déboucher sur des actions de formation conduites dans les pays demandeurs. Ce fut le cas du Maroc pour la formation d'inspecteurs de l'enseignement agricole, puis de l'Italie pour la formation de chefs d'établissement, c'est depuis 1991, le cas de la Pologne, dans le cadre d'un programme pluriannuel de rénovation de son enseignement agricole secondaire, puis de la Russie dans le domaine de l'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire.

La seule limite à l'intervention de l'INRAP à l'étranger, est constituée par la disponibilité de ses membres. La qualité de leurs prestations à l'étranger dépend étroitement de la qualité des recherches et expérimentations qu'ils conduisent, elle-même fortement corrélée avec le temps qu'ils y consacrent.

Un autre type de coopération se traduit par l'accueil de chercheurs ou de formateurs d'enseignants durant un temps plus ou moins long à l'INRAP. Leur participation aux activités de l'établissement constitue a la fois un apport pour l'équipe-hôte et une formation pour les stagiaires. Un tel programme fut engagé avec le Centre pour l'Enseignement et le Progrès en Agriculture de Brwinow en Pologne, mais il est "gelé" depuis deux ans en raison des problèmes politiques polonais. L'Institut a également organisé des stages spécialisés, notamment dans le cadre de la convention signée avec le CNEARC pour la formation d'ingénieurs-formateurs venus d'Afrique. ou pour la formation de professeurs de français de l'enseignement supérieur agronomique néerlandais.

* L'INRAP apporte son appui à l'ouverture internationale de l'enseignement technique agricole depuis longtemps, que ce soit par les travaux sur l'approche communicative en langues ou en organisant des stages d'information sur les institutions et politiques de la CEE ou les systèmes d'enseignement agricole en Europe.

L'Institut a également impulsé des activités dans le sens de la coopération Nord-Sud et il a contribué à l'élaboration d'une "éducation au développement" dans l'enseignement agricole. Cette dimension a permis de développer des relations avec diverses Organisations Non Gouvernementales (ONG) tournées vers les problèmes du Tiers-Monde et de produire avec elles des documents pédagogiques. Ces actions ont été réduites depuis 1988 par manque de personnel et se sont limitées à une participation minimum aux activités du Comité d'0rientation pour l’Éducation au Développement, CODEV, auprès de la DGER, et à l'appui à la publication du bulletin FRED (Formation Réseau Éducation au Développement) adressé aux établissements d'enseignement agricole.

De nouveaux thèmes de travail ont surgi ces derniers temps, tels que : la construction de parcours européens de formation, l'organisation de stages professionnels à l'étranger pour les élèves et les enseignants, la validation des acquis de ces stages, le développement de l'enseignement des langues. La création de "chargés de mission Europe" à la DGER a permis à l'Institut de disposer de l'aide de nouveaux partenaires. Ceci est fort utile au moment où une connaissance précise des programmes européens (ERASMUS, LINGUA, TEMPUS, ...) et des directions générales des Communautés Européennes, devient indispensable. L'Institut apporte également son appui à l'association EUROPEA (Europe de l'enseignement agronomique) en particulier par la mise en place d'un Observatoire européen de l'enseignement agricole et l'assistance à la constitution d'un réseau européen de maîtres de stage pour les élèves et étudiants.

LTNRAP s'est également engagé dans les rencontres européennes ARION, entre acteurs et décideurs en matière d'éducation, et il participe activement à des initiatives telles que les "Campus européens de l'environnement" ou l'ouverture de centres de ressources documentaires sur l'Europe dans chaque région. Il contribue également à la réalisation d'expérimentations dans le cadre du programme européen portant sur l'utilisation des nouvelles technologies en agriculture, DELTA-FARMERS, avec des équipes d'Italie, d'Espagne et du Portugal.

C'est donc bien l'ensemble des missions de l'lNRAP qui a de plus en plus une dimension internationale.

III LES MOYENS

L'examen des moyens humains. matériels et financiers dont dispose l'Institut permet de percevoir son degré d'autonomie, de mesurer son potentiel de fonctionnement et de cerner les paramètres influant sur son fonctionnement.

1 Les personnels

L'arrêté de création de l'INRAP précise, par son article 4. que "les personnels appartenant à l’institut sont, soit des personnels contractuels rémunérés à la vacation, nommés pour une durée de cinq ans au plus, éventuellement renouvelable, soit des fonctionnaires affectés ou détachés des corps enseignants ou techniques relevant du Ministère de l'Agriculture et, éventuellement d'autres ministères".

  • Direction

Il n'y a plus d'emploi de directeur et c'est un enseignant-chercheur en poste à l'ENSSAA qui exerce les fonctions à partir de novembre 1985, succédant à un ingénieur général d'agronomie. En 1987, le poste de directeur-adjoint contractuel est transformé en poste de secrétaire général.

  • Personnels d'enseignement supérieur et de recherche

Depuis le décret du Premier Ministre du 6 novembre 1970, les enseignants-chercheurs en poste à l'lNRAP et à l'INPSA ne peuvent être que des personnels ayant un statut de contractuel à temps plein. De 1986 à 1988, ils sont au nombre de 4, un maître de conférences, un maître assistant et deux assistants en poste au CEMPAMA. Un seul poste d'assistant sera maintenu après le décès accidentel de M. Perolat en 1989.

De 1985 à 1989, un directeur de recherche de l'INRA a été mis à disposition de l'Institut ; il n'est pas remplacé après son départ en retraite.

La dotation en personnel d'enseignement supérieur et de recherche est donc notoirement insuffisante pour un institut où les missions de recherche et de formation par la recherche sont particulièrement importantes.

  • Personnels d'enseignement général et technique

L'Institut dispose dans sa dotation de postes d'ingénieurs, d'enseignants et de personnels d'éducation de l'enseignement technique agricole et de détachés de l’Éducation Nationale. Mais ces postes sont en nombre limité 5 en 1980, 9 en 1989 et 8 en 1992.

Afin de couvrir les différents domaines de l'enseignement agricole, le Ministère a, dès la création de 1'Institut, mis à sa disposition des personnels affectés pour ordre dans des établissements secondaires agricoles. Ils sont 11 en 1980 soit 69% de l'effectif total, 14 en 1980 soit 60%, 12 en 1992 soit toujours 60%.

En réponse aux demandes réitérées du personnel et du Conseil d'administration, la DGER a décidé l'affectation à l'INRAP de l'ensemble de ces personnels à compter du 1er janvier 1993. Ces postes sont dorénavant gérés par la sous-direction de 1'enseignement supérieur.

Il est à noter que des chargés d'étude sont régulièrement recrutés sur les conventions passées avec la DGER, que ce soit pour la rénovation de l'apprentissage ou pour l'utilisation des nouvelles technologies dans l'enseignement, et les conventions passées avec les autres établissements dijonnais pour la mise en œuvre de programmes européens.

  • Personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service - ATOS

Durant de nombreuses années, les personnels ATOS étaient, pour la plupart, des contractuels payés soit par le Ministère de l'agriculture, soit par l'Institut. Le processus engagé après 1982 a permis de titulariser l'ensemble de ces personnels et de les inscrire dans la dotation de l'établissement.

Le "gel" des postes effectué en 1986 et 1987, puis l'insuffisance des postes affectés à l'lNRAP, ont conduit, après accord de la DGER, au recrutement, sur le budget de l'Institut, de personnels pour le Service d’Édition et de Diffusion. En outre, pour les travaux de secrétariat et d'entretien, il a été nécessaire de faire appel à des personnels payés à la vacation, dans la limite de 500 heures, ainsi qu'à des jeunes recrutés dans le cadre des Travaux d'Utilité Collective (TUC), puis des Contrats Emploi-Solidarité (CES).

La situation s'est améliorée progressivement pour le secrétariat. Ainsi en 1983, il y a 3 dactylos pour 30 enseignants, ce qui est tout à fait insuffisant pour assurer les missions de l'Institut en matière de publications de recherche et de ressources éducatives, 5 personnes assurent le secrétariat-dactylographie, ce pour 26 enseignants en 1989, et pour 22 en 1992.

En ce qui concerne les personnels d'entretien, la situation s'est en revanche nettement détériorée depuis 1985. Ces personnels ont mission d'assurer l'entretien de l'Institut, l'accueil et l'hébergement des stagiaires dans les 39 chambres dont dispose l'établissement ainsi que le service des repas de midi lors des stages.

Depuis 1986, la surface à entretenir s'est accrue d'environ 15% à la suite du déménagement du Service Régional de Formation-Développement hébergé dans les locaux mis à disposition de l'Inspection Régionale d'Agronomie en 1968. La surface au sol atteint 3 500 m2.

Dans le même temps, le développement des activités de formation et l'accroissement des groupes de travail réunis à l'INRAP à l'initiative de la DGER, se sont traduits par une hausse du nombre de repas et de nuitées cependant que les effectifs de personnels de service diminuaient sensiblement :

1985 : 2 280 repas et 2 000 nuitées pour 4 personnes.

1989 : 2 000 repas et 2 200 nuitées pour 2 personnes et 1 TUC, soit l'équivalent de 2,5 personnes.

1992 : 2 600 repas et 3 000 nuitées pour 2 personnes et 2 CES, soit l'équivalent de 3 personnes.

La situation s'est donc nettement dégradée.

2 Les ressources budgétaires

L'étude du budget de l'établissement permet de cerner l'évolution des moyens financiers disponibles ainsi que leur origine. Approuvé a priori par le Ministère de l'Agriculture, le budget permet à celui-ci d'orienter les activités de l'Institut. Pour préserver une certaine autonomie, 1'Institut est appelé à diversifier les sources de financement.

En observant uniquement le budget de fonctionnement de l'Institut, le développement des activités est clairement perceptible à travers l'accroissement rapide des recettes ces dernières années.

De 1985 à 1992, la subvention de l’État a été multipliée par un peu moins de 2, le fort accroissement de 1988 étant dû à la revalorisation du taux des vacations.

Il est à noter que la subvention destinée au SED n'est multipliée que par 1,45 mais cette tendance est le résultat d'importantes variations :

- baisse de 38% entre 1985 et 1986,

- hausse de 202% entre 1986 et 1990,

- baisse de 22.6% entre 1990 et 1992.

Ceci résulte uniquement des décisions de la DGER puisque depuis 1980 le Conseil d'administration ne peut déterminer la part de la subvention destinée au SED.

Les conventions connaissent un spectaculaire accroissement à partir de 1988, avec la politique de rénovation de l'apprentissage.

Les ventes de publications, éditées ou non par l'INRAP, connaissent de nombreuses variations, celle constatée en 1988 étant fortement dépendante d'un changement dans l'estimation de la valeur des stocks (+50%).

Les recettes de fonctionnement, en francs constants 1992, sont multipliées par 2,5. Si l'on s'attache leur origine, on note une diminution de la part de la subvention d’État : de 65% en 1985 à 51,4% en 1992. La part des conventions croit de 9% en 1985 à 30% en 1991 pour revenir à 21,5% en 1992. Mais il ne s'agit pas d'une diversification des ressources assurant une plus grande autonomie puisque l'essentiel du volume est le résultat de conventions passées avec la DGER sur des crédits venus de la Délégation à la Formation Professionnelle.

 

Recettes (y compris vacations et frais de déplacements) - Francs constants 1992

 

Années

Subvention d'Etat

Conventions

Publications

Total Recettes

1985

2036

281

340

3129

1986

2025

341

791

3788

1987

2198

449

624

3882

1988

2915

1587

833

6364

1989

3142

1325

731

5907

1990

3554

1603

661

6433

1991

3625

2221

373

7340

1992

4038

1684

845

7851

Unité : millier de francs.

C'est donc le Ministère qui accroît les ressources affectées au fonctionnement de l'lNRAP et s'assure en conséquence un contrôle accru sur ses activités. En effet, les conventions définissent de façon précise les actions et productions à réaliser et la signature, donc la date du versement des crédits, relève uniquement de la DGER. De même, ces derrnieres années, une partie de la subvention d’État correspond à des commandes précises passées notamment par la sous-direction POFET.

Le poids de l'Administration centrale est encore accru par les conditions d'affectation des crédits d'équipement. L'impossibilité d'utiliser les normes retenues pour les autres établissements d'enseignement supérieur agronomique constitue une difficulté majeure pour déterminer l'enveloppe globale affectée à l'établissement. C'est ainsi que dans le passé, la subvention de fonctionnement a, plusieurs fois. été réduite pour obliger l'Institut à prélever sur son fonds de roulement. L'évolution de la situation ces dernières années a permis d'améliorer les conditions de travail des ATOS (informatisation, traitement de texte, réfection des locaux).

Mais, au total, les conditions de définition du budget reflètent bien le fait que la DGER a considéré l'INRAP davantage comme un service extérieur que comme un établissement d'enseignement supérieur et de recherche, l'affectation des moyens se faisant sans définition de priorités à moyen terme et sans critères suffisamment pertinents.

 

CONCLUSION

''Nous qui contribuons au passage des résultats obtenus dans nos laboratoires vers les applications, nous nous soucions peu d'emprunter certaines des méthodes employées par nos collègues industriels pour passer du prototype à la production de masse. Pourquoi l'ingénierie éducative est-elle si peu développée ? En réfléchissant à des processus différents de transmission des savoirs, en transférant à des outils nouveaux, comme les hypermédias, une partie de l'apprentíssage, il doit être possible d'obtenir un enseignement plus efficace et moins coûteux.''

Goery DELACOTE - Directeur de l'Exploratorium de San-Francisco,

Ancien président du conseil scientifique de l'INRP - Le Monde 27/02/1991.

Durant 25 ans, le Ministère de l'Agriculture a disposé avec l'INRAP d'un établissement d'enseignement supérieur et de recherche original et novateur. Original, donc difficile à situer au sein de l'enseignement supérieur agronomique et par rapport aux établissements d'enseignement technique ; novateur malgré le fait que son Conseil d'orientation n'ait jamais été mis en place, que son Conseil d'administration très restreint n’ait jamais été renouvelé depuis 1985 et que la DGER n'y soit pas représentée, que ses enseignants-chercheurs soient contractuels et en nombre insuffisant.

Pour autant, il est incontestable que l'INRAP a joué un rôle essentiel dans la préparation et l'accompagnement à partir de 1985 d'une rénovation d'ensemble des formations agricoles. Il faut saluer ici l'engagement permanent de tous les personnels, soucieux de remplir au mieux les missions qui leur étaient confiées. Ces personnels ont su se remettre en cause, à travers une procédure d'auto-évaluation et d'élaboration d'un projet d'établissement, ce qui est unique dans l'enseignement supérieur agronomique.

Les experts ont souligné l'intérêt d'une telle institution, articulant étroitement recherche en éducation, formation des personnels et production de ressources éducatives.

L'INRAP était situé à l'interface entre, d'une part les sources du savoir que sont les pratiques professionnelles et sociales et la recherche, et d'autre part, les réseaux de diffusion du savoir, en particulier le système de formation agricole (enseignement technique et supérieur, apprentissage, formation professionnelle des adultes).

Pour contribuer à l'amélioration de l'efficacité du système de formation agricole, l'INRAP a participé notamment à l'adaptation des contenus de formation, en développant des liens avec les institutions qui produisent et diffusent des savoirs et savoir-faire scientifiques, techniques et professionnels : la recherche (INRA, CNRS, INSERM, CEMAGREF), l'enseignement supérieur, les instituts techniques et les divers groupements professionnels spécialisés.

L'lNRAP s'est également appuyé sur les acquis de la recherche en éducation et formation, conduite a l'Université, au CNRS, à l'INRP, mais aussi à l'intérieur même du système de formation agricole dans les équipes présentes, en particulier, à Dijon et Toulouse. La mise en place d'un département d'enseignement et de recherche en Sciences de la formation et de la communication au sein de l'ENESAD doit permettre d'assurer le développement de ce secteur spécifique de la recherche.

L'analyse de l'évolution et de la rénovation du système de formation agricole, ainsi que l'expérience acquise par l'lNRAP, ont mis en évidence le fait que la diffusion des acquis de la recherche ne s'effectue qu'imparfaitement si l'on ne s'appuie pas sur un dispositif d'ingénierie éducative pour passer de la recherche à la mise en œuvre généralisée, "du prototype à la production de masse". Semblable dispositif a été mis en œuvre par les équipes de l'INRAP :

- expérimentation de nouvelles formations (BTS-UV, CAPA-UC),

- expérimentation de nouvelles situations de formation (stages, éducation à l'environnement, ...)

- conception d'outils de formation (manuels. logiciels, cassettes vidéo, ...),

- élaboration de modules de formation de formateurs (habilitation au CCF, formation de formateurs d'apprentis, ...) et réalisation de stages,

- conception d'outils d'appui au projet d'établissement (audit, ...),

- aide à l'élaboration des référentiels de diplôme.

C'est ce qu'illustre le schéma ci-après élaboré par Jean-Claude Loncle, ingénieur d'agronomie à l'INRAP, à travers des exemples pris dans le domaine de l'agronomie.

Un Institut entravé. L'INRAP et la rénovation de l'enseignement agricole.

Le souci de mieux répondre aux besoins de publics diversifiés, la volonté d'individualiser, ou pour mieux dire, de personnaliser les formations, la nécessité de rénover l'enseignement supérieur, la décision de développer l'enseignement à distance, sont autant de facteurs et ils ne sont pas les seuls, qui soulignent la nécessité de déployer un dispositif d'ingénierie éducative, bénéficiant de l'expérience de l'lNRAP.

Réciproquement, la qualité des recherches, des expérimentations et des productions documentaires dépend de la prise en compte permanente des acquis et des questions issues des pratiques des divers acteurs de l'enseignement agricole. Ceci suppose de retisser les liens avec les établissements et les instances régionales et nationales de cet enseignement

L'INRAP ayant mission de contribuer à l'évolution permanente de l'enseignement agricole, a été de ce fait situé au cœur de tensions permanentes entre recherche scientifique, pratiques des acteurs et politiques d'éducation. Le changement en matière d'éducation et de formation. comme tout changement social, est générateur de tensions et de conflits. Conceptions philosophiques et idéologiques, pratiques quotidiennes, diversité des expériences personnelles, pluralisme institutionnel sont autant d'éléments qui s'entrechoquent dans les établissements et les services, et qui nourrissent le mouvement de transformation. Cette confrontation permanente de l’Institut à ces contradictions, d'autant plus sensibles que l'enseignement agricole est de taille restreinte, a sans aucun doute. été un facteur majeur de créativité.

L'intégration de l'Institut dans un établissement lui aussi original et novateur, peut permettre un nouveau développement des missions dont il était chargé face aux défis lancés à notre système de formation dans une société en crise.

Notes

1 Labey, Daniel. Mission et organisation de l'INRAP. Dijon. INRAP. 3 mai 1968. Note polycopié, 19 p.

2 C'est le directeur de l'INRAP qui est élu par le CNEA. avec comme suppléants le secrétaire général du SNETAP (Syndicat national de l'enseignement technique agricole public) et le secrétaire général du CNEAP (Conseil national de l'enseignement agricole privé).

3 Gauthier, Bernard, Gilot, Jacques, Grammont, André et Jactel, Claude. Rapport sur la formation des agents du Ministère de l'Agriculture et de la Forêt. Paris, Ministère de l'Agriculture et de la Forêt. Décembre 1989, 14 p. + annexes.

4 Le CEP de Florac et le CEMPAMA de Fouesnant sont devenus Établissements Publics Nationaux en janvier 1985, donc indépendants de l'INRAP. Malgré de multiples demandes de leurs Conseils d'Administration respectifs et propositions, notamment des personnels des centres et du directeur de l'INRAP, aucune clarification de leur statut et de leur rôle n'a été faite å ce jour (juillet 1993).

5 La déconcentration de la définition d'une partie des politiques de formation continue des personnels (SRFD) et la régionalisation des actions de formation (GRAF) ont créé cette distance, accrue par l'inexistence de relations institutionnelles régulières avec la coordination des inspections de l'enseignement agricole et avec l'ensemble des SRFD et des GRAF.

 

Sigles

APCA : Assemblée permanente des Chambres d'Agriculture

BTA : Brevet de technicien agricole

BTSA-UV : Brevet de technicien suprieur par unités de valeur

BTSA : Brevet de Technicien supérieur agricole

CAPA-UC : Certificat d'aptitude professionnelle agricole par unités capitalisables

CCF : Contrôle en cours de formation

CEMAGREF : Centre d'étude du Machinisme agricole et du Génie rural des Eaux et Forêts

CEMPAMA : Centre d'étude du milieu et de pédagogie appliquée du ministère de l'Agriculture

CEP : Centre d'expérimentation pédagogique

CNEA ; Conseil national de l'enseignement agricole

CNEAP Conseil national de l'enseignement agricole privé

DGER : Direction générale de l'enseignement et de la recherche

DRAF : Direction régionale de l'Agriculture et de la Forêt

ENESAD : Etablissement national d'enseignement supérieur agronomique de Dijon

ENFA : Ecole nationale de formation agronomique

ENITA : Ecole nationale d'ingénieurs des travaux agricoles

ENSSAA : Ecole nationale supérieure des sciences agronomiques appliquées

EPLE : Etablissement public local d'enseignement

FNASAVPA : Fédération nationale des associations de salariés de l’agriculture pour la vulgarisation du progrès agricole.

GRAF : Groupe régional pour l'animation et la formation

IFEAP : Institut de formation de l'enseignement agricole privé

INPSA Institut national de promotion supérieure agricole

INRA : Institut national de la recherche agronomique

INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale

IREDU : Institut de recherche sur l’éducation : Sociologie et Économie de l’Éducation. Université de Bourgogne

LEAD : Laboratoire d’Etude de l’Apprentissage et du Développement. Université de Bourgogne

SRFD : Service régional de la formation et du développement

UNEAP : Union nationale de l'enseignement agricole privé

UNMFREO : Union nationale des Maisons familiales rurales d'éducation et d'orientation

UNREP : Union nationale rurale d'éducation et de promotion.

Daniel Labey, professeur de lettres classiques, chargé de mission à l'inspection général de l'agriculture, fait partie des proches du ministre de l'Agriculture Edgard Pisani. Il participe à l'élaboration du projet du pôle dijonnais et fait  fonction de directeur de l'INRAP entre 1966 et 1968.

Le texte suivant a été rédigé en mai 1968, peu avant qu'il soit remplacé à la tête de l'INRAP, après le départ d’Edgard Pisani.

A la rentrée 1968, Maurice Marchal, ingénieur en chef d’agronomie, venu de la direction du lycée agricole de Château-Salins, en Moselle, est chargé des fonctions de directeur de l'INRAP. Le texte suivant rédigé avec son adjoint M. Klein, est une mise à jour du projet de D. Labey.

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